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Retour sur la conférence de Bruno Parmentier

Retour sur la conférence de Bruno Parmentier

La Coordination Rurale de l’Isère a accueillit hier Bruno Parmentier au lycée de la Cote-St-André pour une conférence sur le thème « l’Agriculture a-t-elle encore de l’avenir ? »

Actuellement,850 millions de personnes dans le monde ne mangent pas à leur faim. Actuellement, il y a un milliard de personnes plus qui se couchent avec le ventre plain mais ils mangent tous les jours la même chose (riz, manioc…) entraînant une malnutrition à cause des carences. Enfin, 1,5 milliard mangent trop et parmi eux 600 millions sont obèses.

Ainsi se pose la question suivante : Comment pouvons nous construire une planète où toute la population puisse manger à sa faim et où les agriculteurs peuvent vivre décemment.

Un constat évident

Les agriculteurs ont fait des progrès immenses en Europe et les français ont nourris successivement leur canton puis leur région, leur pays, l’Europe et maintenant plus. En 1945, les 8 millions d’agriculteurs ne nourrissaient pas les 45 millions de français. Il est estimé que chaque agriculteur nourrissait à peine 5 personnes. En 2018, ce sont 0,5 millions d’agriculteurs qui nourrissent bien plus que les 67 millions de français. Chacun nourrit plus de 100 personnes.

En France, la nourriture devient anecdotique dans le budget des ménages. En 1960, 38 % du budget y était consacré et en 2014 seulement 14 % (en Chine 25 %; en Inde 36 % ; au Nigénia 57%). Les américains dépensent moitié moins que les français pour se nourrir. Par contre, ils dépensent deux fois fois que nous pour se soigner. Coïncidence ?

Bien manger en France, c’est consommer davantage de temps (préparation) et d’argent (aliments de qualité) à cette activité essentielle.

D’autre part, grâce à l’amélioration de la qualité des produits, on vit de plus en plus vieux en France. Merci à l’alimentation ! Et cette amélioration de la qualité de vie entraîne une surpopulation (360 000 naissances chaque jour pour 160 000 décès). Ainsi, on constate une augmentation de la population mondiale de 200 000 personnes par jour soit plu 75 millions d’individus par an. Résultat, il faudra nourrir toutes ses personnes.

En France, les Français payent les aliments en magasin moitié moins chers à cause de la politique agricole commune. Toutefois, on paye sa nourriture en 2 fois en France, une fois à la caissière et une autre fois avec les impôts.

 

Garder des terres et de l’eau pour manger

Dans notre région Auvergne-Rhône-Alpes, nous avons perdu 300 000 hectares de terres agricoles entre 1981 et 2012. D’autre part, il va falloir apprendre à gérer l’eau. Il faut arrêter de gâcher. Il nous faut conserver un maximum d’eau dans nos sols et conserver un maximum d’eau sur nos sols via les retenues d’eau. Il faut également couvrir nos sols en permanence pour éviter le ruissellement et choisir des cultures plus sobres en eau comme le sorgho.

Des solutions pour produire plus et mieux avec moins

Il existe différentes stratégies face à la crise

1 – « courir derrière » la compétitivité internationale avec une qualité minimale et une concentration des productions

2- revenir à une protection plus stricte en taxant les importation issues de régions pratiquant du dumping ou des règles moins exigeantes en matière sanitaire environnementale et sociale

3- Se centrer sur l’alimentation de proximité par des circuits courts de qualité bio ou équivalent.

4- investir dans une agriculture et une alimentation « premium » reconnues sur les marchés internationaux et domestiques

Selon M. Parmentier, c’est vers cette dernière stratégie que l’agriculture devrait aller.

Sachant qu’il faudrait augmenter de 70 % la production agricole pour que tout me monde mange bien en 2050 on en conclue facilement qu’il faut produire plus et mieux avec moins. Le 21eme siècle sera le siècle de la biotechnologie.

En résumé :

– Ne plus rien gâcher => tout est matière première (eau, foncier, intrants …)

– Modifier nos habitudes alimentaires => consommation de moins d’aliments mais de meilleur qualité et payés plus cher aux producteurs

– Inventer une agriculture écologiquement intensive => une agriculture connectée où l’on va travailler la plante au lieu de travailler le champs, non-labour et TCS

– Inventer une nouvelle chimie bio-inspirée : association de plantes, agroforesterie, sylvopastoralisme, favoriser les auxiliaires de culture (chauve-souris, coccinelle …)

– Chercher nos OGM à notre manière

– Promouvoir l’agriculture vivrière dans le tiers monde

– Mettre en ouvre des programmes Faim Zéro

– Protéger nos frontières et soutenir nos agriculteurs