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« Pesticides » : la stigmatisation des agriculteurs et la désinformation du public continuent !

« Pesticides » : la stigmatisation des agriculteurs et la désinformation du public continuent !

Les publications à charge contre les produits phytopharmaceutiques se multiplient ces derniers temps. Aux accusations mensongères portées par Générations Futures, succède une publication, aux faux airs de rapport, de Greenpeace assimilant les agriculteurs à des toxicomanes. Ce document n’est truffé que de suppositions, de présomptions, d’évaluations empiriques et d’a priori.

On peut même y lire, par exemple, dans sa conclusion un déni de l’approche scientifique : « De nombreuses recherches empiriques mettent en évidence de façon irréfutable les impacts des pesticides sur l’environnement, soulignant l’urgence à agir pour mettre fin à la dépendance de notre agriculture industrielle envers les produits chimiques »  !

Malheureusement, l’opinion publique en retiendra le rapprochement entre les accros au tabac (fumeurs) et les accrocs aux pesticides (agriculteurs), non seulement insensé mais aussi très humiliant pour la profession agricole. Quelques rappels sur ces « pesticides » si décriés…

  1. Ces produits permettent de sécuriser les récoltes et de fournir une alimentation de qualité à la population. Il existe une médecine humaine, animale alors pourquoi s’opposer à la médecine végétale ?
  2. Vu leur coût, ces produits sont utilisés par les agriculteurs avec le maximum de discernement. Ils sont donc très loin d’y être accrocs comme le suggère Greenpeace de manière insultante.
  3. L’efficacité du matériel de pulvérisation est en constante progression et Greenpeace semble ignorer le travail de certains agriculteurs traitant à bas volume, grâce à l’utilisation d’adjuvants (tensio-actifs qui étalent les gouttes et permettent une réduction de dose).
  4. Les agriculteurs bio utilisent aussi des produits phytosanitaires mais homologués en bio et permis par le cahier des charges qu’ils se doivent de respecter : pyréthrines, cuivre, soufre, huiles minérales… Greenpeace oublie de le rappeler.
  5. Pourquoi le ministère de l’Agriculture et, depuis le 1er juillet 2015, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), délivrent-ils des autorisations de mise sur le marché (AMM) si les produits sont vraiment dangereux ?
  6. Les critères actuels d’homologation des produits phytopharmaceutiques prennent déjà en compte les effets non intentionnels et la délivrance d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) fait déjà l’objet d’une balance bénéfices/risques.
  7. Les ONG, telles que Greenpeace, feignent toutes d’ignorer que l’agriculteur aujourd’hui vit dans la contrainte d’une économie mondialisée. Des normes de production très exigeantes sont souhaitées mais les denrées produites en dehors de l’UE, avec des normes beaucoup moins exigeantes, sont importées à plus bas prix.
  8. Des solutions alternatives existent mais elles sont souvent plus coûteuses et pas toujours aussi efficaces que les produits phytosanitaires classiques. Pourtant, de plus en plus d’agriculteurs n’hésitent pas à s’y mettre. Greenpeace en saurait quelque chose si elle n’excluait pas les représentants de la profession agricole des colloques qu’elle organise ! (http://www.forumphyto.fr/2015/10/12/greenpeace-veut-faire-taire-les-arboriculteurs/)
  9. Les néonicotinoïdes, si honnis, ont l’avantage de permettre un apport précis sur la cible par l’enrobage de semences. Il y a en effet zéro projection hors cible et on raisonne en grammes de substance active par ha. Ces molécules sont une alternative aux pulvérisations d’insecticides en végétation qui ont aussi des conséquences sur les pollinisateurs. Les néonicotinoïdes constituent une avancée importante, mais il est vrai, à améliorer par une moindre toxicité des produits.
  10. La présence de molécules dans l’air reste très faible, puisqu’elle se compte en nanogrammes par mètre cube, c’est-à-dire en millionièmes de milligramme par m3. C’est une quantité infinitésimale, perceptible seulement grâce aux progrès réalisés ces 15 dernières années par les appareils de mesure. Par ailleurs, on trouve dans l’air bien d’autres substances que celles issues des produits phytosanitaires.
  11. La présence de molécules dans l’eau, le plus souvent, ne dépasse pas les normes en vigueur. Lorsque c’est le cas, les molécules concernées sont déjà interdites (ex : atrazine).
  12. La présence d’AMPA (acide aminométhylphosphonique) dans les eaux de surface est principalement due aux phosphonates contenus dans les produits ménagers et non au glyphosate dont il est aussi le métabolite
    (https://www.coordinationrurale.fr/ampa-retrouve-dans-les-cours-deau-les-agriculteurs-accuses-a-tort.html).
  13. Cela fait 15 ans que l’on nous parle de l’effet cocktail mais il n’existe de par le monde aucun protocole scientifique permettant de l’évaluer. En Europe, ce sont 4 000 produits commercialisés sur la base de 300 substances actives. Il y a quelques effets cocktail connus mais ce sont en tout des milliards et milliards de combinaisons qu’il faudrait étudier ! Ce qui explique que l’analyse de cet effet cocktail ne soit pas faite non plus sur les molécules utilisées en médecine humaine (médicaments). Or, on ne voit pas Greenpeace proposer de stopper toute pharmacopée humaine !
  14. Même si cela ne peut pas être la seule réponse aux attaques contre l’agriculture conventionnelle, il convient de regarder la balance des problèmes et des solutions :
    • les périodes de disette ou de rationnement en France font partie de notre histoire mais pas de notre actualité ;
    • la majeure partie de la population peut vivre aujourd’hui en consacrant son énergie et son activité sans se soucier de la disponibilité de nourriture ;
    • l’espérance de vie continue à croître : 48 ans en 1900, 79 ans en 2000 et plus de 82 ans en 2015.