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Payons le BIO à sa juste valeur !

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Payons le BIO à sa juste valeur !

La Coordination Rurale de Bretagne accueille favorablement les arbitrages présentés par Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, concernant le Plan Stratégique National (PSN). La CR de Bretagne prend acte du renforcement du budget PAC consacré à l’agriculture biologique, qui passe de 250 millions d’euros à 340 millions d’euros.

Des prix pas des primes!

Consciente de la difficulté que représente le changement de mode de production, la CR est favorable à l’augmentation de l’aide à la conversion, dont la durée passe de 3 à 5 ans (avec l’obtention du label au bout de 3 ans).

Concernant l’aide au maintien, la CR s’interroge sur son utilité. Pour Sébastien Abgrall, producteur bio dans le Finistère : « Les aides sont justifiées en période de conversion». Il poursuit : « une fois que les produits sont valorisés en bio, plus besoin d’aides, le prix doit suffire ! ».

La Coordination Rurale se bat pour que les agriculteurs vivent décemment et dignement de leur travail et de leur production. Elle refuse que les agriculteurs soient continuellement perfusés par des aides. Ne reproduisons pas avec le bio un système de baisse des prix compensé par des primes. La France doit assumer ses désirs sociétaux et ne pas trahir une nouvelle fois ses paysans !

Des conversions basées sur un marché plutôt que sur des objectifs politiques

En revanche, la CR est en désaccord total avec cette volonté de fixer des objectifs de surfaces (objectif d’arriver en 2027 à 18 % de SAU bio). Pourquoi fixer de tels objectifs si les marchés ne suivent pas ? Et Sébastien Abgrall d’ajouter : « c’est toujours la même chose, à l’agriculteur d’assumer les risques du marché. Pousser les gens au bio plus vite que l’évolution de la consommation est dangereux. On le voit par exemple en production de lait ou d’œufs, où une partie de la production bio est régulièrement déclassée, car on n’arrive pas à la vendre ! ».

Enfin, la Coordination Rurale de Bretagne ne souhaite pas s’associer à la manifestation proposée par la FRAB le 2 juin à Paris. Sébastien Abgrall conclut : « Si la FRAB veut faire quelque chose d’utile, qu’elle se batte pour que l’État tienne ses engagements de proposer plus de bio dans la restauration collective, et qu’elle s’alarme des nouveaux signes de qualité qui n’en sont pas et qui concurrencent le bio : HVE, zéro pesticide. Toutes ces nouvelles normes ne font que tromper le consommateur ! ».