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Ne pas faire des agriculteurs les boucs émissaires du projet de loi sur l’eau

Ne pas faire des agriculteurs les boucs émissaires du projet de loi sur l’eau

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Les agriculteurs ne sont pas les « pollueurs » et « gaspilleurs »  qu’on a l’habitude de présenter. Au contraire, par leurs activités, ils participent de manière active au cycle de l’eau en recueillant et en dépolluant l’eau qu’ils utilisent.

Mais d’ici quelques semaines, les agriculteurs seraient les seuls et uniques consommateurs d’eau de la planète en été, à en croire le CNRS et les associations de consommateurs, qui les accusent de consommer 70% voire 80% de l’eau ! Par ailleurs, certains ne semblent pas loin de penser que c’est l’irrigation qui provoque la sécheresse alors que c’est bien sûr la sécheresse qui la rend nécessaire pour produire les aliments indispensables dont la population a besoin.

Pourtant, d’après l’Institut Français de l’Environnement, l’irrigation agricole est responsable de seulement 14% des prélèvements en eau (chiffres 2002), alors que les centrales thermiques, nucléaires ou non, en prélèvent 55% et l’eau potable 19%.

Le discours actuel sur le rôle néfaste de l’agriculture en matière de gestion des ressources aquatiques oublie deux éléments essentiels : la photosynthèse et « le cycle de l’eau »…

D’une part, grâce à la lumière, à l’eau et aux nitrates, les végétaux fabriquent du carbone en absorbant du gaz carbonique et en rejetant de l’oxygène. A l’heure où tous s’inquiètent des dégâts des émissions de CO2, l’activité de base de l’agriculteur – la production végétale – est la seule qui ait ce bilan positif : plus les champs produisent, y compris par l’irrigation, mieux la planète respire.

D’autre part, l’eau « consommée » par les agriculteurs ne disparaît pas : elle est en grande partie stockée par la terre  en période d’abondance  puis restituée aux plantes ou aux nappes phréatiques.

Il est enfin regrettable que l’on évoque si peu le rôle de l’agriculture sur la bonne qualité de l’eau. L’été en effet, en absence de drainages agricoles, la qualité de l’eau se dégrade dans nos rivières, qui ne reçoivent plus que les « eaux usées » industrielles et citadines tandis que nos champs contribuent gratuitement, en recevant les boues d’épuration, à dépolluer ces déchets.