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Loup : quelle politique nationale et européenne pour protéger nos troupeaux ?

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Loup : quelle politique nationale et européenne pour protéger nos troupeaux ?

Mardi 22 février 2017, à l’assemblée nationale, se sont tenues les rencontres parlementaires, organisées sur la prédation du loup à l’initiative du député de Lozère Pierre Morel-à-L’Huissier.

A la veille du terme des mandats des députés, ces rencontres ont suscité une scission entre les « pro-loups » et les professionnels victimes des attaques du loup.
« Encore une fois, on s’égare ; des mesures qui proposent des bancs d’écoles aux éleveurs et des chaises universitaires aux députés », rapporte Frédéric BIGARD, président de la Coordination Rurale de la Haute-Marne, éleveur ovin et représentant national pour la commission Loup.

Législation

Si le chiffre de 300 individus sur le territoire français (données ONCFS) semble minimisé, la position de la France sur la question de la prédation du loup, quant à elle, ne fait plus de doute ; une révision de la convention de Berne et du statut de protection du loup doit être amorcée.
Prenons l’exemple de l’Italie. Constatant l’évolution du comportement du loup ces dernières années, l’État a prévu de supprimer 5% du total des loups. Ce chiffre est faible mais représente une avancée non négligeable.

Espèce protégée par …

  • La Convention de Berne du 19 septembre 1979

La France a ratifié cette convention en 1990 et porte sur la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe.

  • La Directive « Habitats »

Également appelée « Directive Habitats faune flore », cette dernière porte a pour but de protéger et encadrer la gestion des espaces naturels à valeur patrimoniale.
Certains pays de l’union européenne possède une importante population de loups ( Roumanie : 3000, Espagne : 2750 individus) ; les populations sont stabilisées et il n’y a pas de problème de coexistence, selon Marco Cipriani, représentant à la direction générale de l’environnement de la Commission européenne. « Les pays où ça se passe mal sont les pays qui ont connu une interruption dans la présence du loup car on a perdu l’habitude de vivre avec… ». Le problème n’est pas la directive, mais il s’agit d’assurer la coexistence entre les espèces protégées.
Mesures de régulation

Une exception avec la loi « Montagne »

Cette loi permet le développement et la protection des territoires de montagne.
Theo Gning, juriste à la FNSEA, a rappelé que le début des autorisations de tir date de 2004 (effarouchement, défense, prélèvement). La population semble stabilisée aux environs de 300 individus depuis cette date, avec notamment des prélèvements de 20,26 et 33 individus, autorisées par Ségolène Royale.

Les mesures de protection sont à la charge des éleveurs pour 20% et 80% sont prélevés sur le fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), ce qui engendre une perte de moyens financiers pour d’autres actions. En 2016, cela représente 23 millions d’euros contre 4 millions en 2004.
François Lucas, Président d’honneur à la Coordination Rurale, est scandalisé du comptage officiel faisant apparaître un effectif français de loups stabilisé depuis 3 ans autour de 300 loups avec des prélèvements de 20,26 et 33. Tandis que les chiffres paraissent stables, pourquoi les dégâts sont-ils en hausse ? « Les chiffres sont une provocation. Les louves ne prennent pas de moyens de contraception…»

Tandis que la réponse du responsable de l’ONCFS assure que leur méthode de comptage est fiable.

Responsabilité

Les attaques de loup sur le troupeau sont l’objet de la recherche d’un responsable au même titre que les attaques de Patous sur les touristes. En effet, les bergers protègent le troupeau grâce à ces chiens de berger reconnus pour leur défense du bétail.

Quelle est la part de responsabilité de l’État, pour sa position favorable au maintien du statut de protection du loup ? Quelle est celle des maires, des élus locaux et de la police face aux attaques de Patous sur les touristes ? Ou encore celle du berger pour tenter de protéger son troupeau, lorsque peu de moyen lui sont proposés ?

Yann Souriau, Maire de Chichilianne, également éleveur, s’est associé avec 200 maires pour se porter partie civile contre l’Etat. La situation est critique, ils sont régulièrement confrontés au loup (traces notamment) et aux cadavres, résultant des attaques du loup.

Il rencontre d’énormes problèmes vis à vis également de la population, qui se plaint des attaques de Patous et d’autres chiens de défense.
Une vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côtes-D’Azur informe qu’une action juridique en faveur des éleveurs sera lancée afin de faire réviser la Convention de Berne. Il faut néanmoins favoriser les associations entre communes pastorales et communiquer afin de sensibiliser les touristes à l’intérêt des élevages et aux risques de morsures, notamment avec les Patous.

Loup vs Patrimoine: Conflit d’intérêt

La question du loup pose un véritable problème de société, entre la préservation de l’espèce ou la préservation des activités agropastorales, les activités humaines et les incidences sur le tourisme.

Ainsi, les Causses et Cévennes ont vu l’agropastoralisme classé comme biens du patrimoine mondial de l’Unesco. Cependant, le loup est également présent dans cette région.
Quelle est donc la priorité, sachant que le loup et les activité agricoles liées au pastoralisme sont tous les deux protégés ?

La question du loup, est-elle d’abord une préoccupation du territoire ? Permet-elle à l’agropastoralisme de perdurer ? Le loup permet-il au territoire de vivre du tourisme ou au contraire y nuit-il ?

Des outils de régulation adaptés sont nécessaires. Le loup n’a pas de prédateur, à nous de réguler! Au terme de la journée, Pierre Morel-à-L’Huisser a proposé dix mesures qu’il compte porter ces prochains jours, les consulter ici.