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Interdiction des néonicotinoïdes dans la loi biodiversité, la CR interpelle les députés et sénateurs

Interdiction des néonicotinoïdes dans la loi biodiversité, la CR interpelle les députés et sénateurs

La Coordination Rurale a envoyé un courrier aux députés et sénateurs au sujet de l’interdiction des néonicotinoïdes dans la loi Biodiversité.

Lors du vote de la loi biodiversité, les députés et sénateurs ont mis un point final à l’interdiction des néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018, et ce malgré les mises en garde répétées de la majorité de la profession agricole.

Ces matières actives sont largement utilisées en production de fruits et légumes, et ce depuis longtemps. Nous avons donc un large recul quant à leur impact sur la biodiversité. Certaines de ces matières actives portent même la mention « abeille », indiquant par-là que leur utilisation est compatible avec les pollinisateurs. Preuve en est : l’utilisation importante des ruchers en arboriculture et la confiance que témoignent les apiculteurs aux arboriculteurs en replaçant leurs ruches dans les vergers chaque année, et ce malgré l’épandage de néonicotinoïdes. La situation est identique pour les productions légumières, où l’on ne peut pas, non plus, se passer de pollinisateurs.

Certains néonicotinoïdes ayant obtenu la mention « abeille », nous ne comprenons pas le faux procès qui leur est fait. Ni le battage médiatique qui en résulte sur les « pesticides tueurs d’abeilles ». S’ils étaient toxiques pour les pollinisateurs, l’Anses aurait-elle autorisé la mention « abeille » ? Il est certain que non.

Mais ce qui est fait est fait, et dès le 1er septembre 2018, l’utilisation des néonicotinoïdes sera interdite, sauf dérogations conjointes délivrées par les ministres de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé qui seraient possibles jusqu’au 1er juillet 2020. Ne rêvons pas, vu le poids politique qu’obtiennent des minorités écologiques, ces dérogations ne verront jamais le jour.

Les producteurs feront donc sans. Sauf que…
Sauf que le ministre de l’Agriculture a supprimé le diméthoate en usage cerise et que les dérogations 120 jours délivrées (pour des produits bien moins efficaces) concernent 2 néonicotinoïdes. L’impasse technique contre la mouche de la cerise se profile donc.
Sauf qu’en noisette, il n’y aura aucune alternative contre le balanin.
Sauf qu’en pommier, les alternatives sont peu efficaces, voire quasi inefficaces sur certains insectes, et présentent des profils toxicologiques bien plus défavorables pour la faune auxiliaire et les pollinisateurs. Car une pyrèthre, qu’elle soit naturelle, telle que l’huile de neem, ou chimique, reste un insecticide à spectre large dont l’utilisation ne sera pas sans effets secondaires lourds sur la biodiversité d’un verger.

Rien que ces 3 exemples doivent vous renseigner sur la folie politique qui est commise quand ce sont des minorités médiatiques qui font la loi. Le courage politique, c’est aussi savoir s’opposer à des décisions quand elles sont mauvaises. Laisser les choix à des lobbies qui n’ont qu’une connaissance théorique des sujets est suicidaire.

Aujourd’hui, les producteurs de fruits et légumes ne remercient pas la grande majorité des parlementaires. Certains d’entre eux sont intervenus en séance envers et contre tous, afin de porter le message du terrain, mais en vain… Le vote d’hier est une catastrophe pour leurs productions, pour leurs vergers, et pour la biodiversité elle-même. Il condamne encore un peu plus notre capacité de production. Nous continuerons donc à importer toujours plus de fruits et légumes, qui eux sont traités avec des produits interdits chez nous puisque l’Europe permet cette tolérance.

La CR a conclu son courrier par une question aux parlementaires : « quand il y aura moitié moins de vergers, de champs de légumes, voire même de champs de céréales au train où vont les choses, pensez-vous que les abeilles se développeront ? Ou qu’elles auront faim ? Car il n’y a pas de fleurs à polliniser sur le béton et il y en a bien peu dans une friche. »