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Glyphosate : que dit la science ? Quels sont les faits avérés ?

Glyphosate : que dit la science ? Quels sont les faits avérés ?

Il n’y a pas de résidus de glyphosate sur les produits français

  • La CR et l’OPG ont envoyé au laboratoire 16 échantillons de céréales et oléoprotéagineux fournis par des agriculteurs utilisant tous du glyphosate dans leurs itinéraires techniques. Aucun d’entre eux ne contenait de glyphosate.
  • En revanche, les deux échantillons de soja OGM prélevés aux ports de Lorient et Saint-Nazaire contenaient des résidus significatifs de glyphosate.
    Il faut le rappeler : la culture d’OGM est interdite en France.

Détail des analyses

En France, le glyphosate n’est que très rarement utilisé
directement sur la culture, en période de végétation

Dans notre pays, le glyphosate est utilisé entre deux cultures pour détruire les plantes adventices qui concurrenceraient la culture suivante.

Dans beaucoup de pays, il est utilisé directement sur la récolte, soit pour contrôler les mauvaises herbes vivaces, soit pour dessécher les plantes et ainsi faciliter la récolte.

En France, l’utilisation avant récolte est autorisée mais limitée à certaines céréales, avec un délai avant récolte de 7 jours : blé, orge, parfois avoine, seigle, triticale. Une exception existe pour la production de semences, la brasserie, la malterie et parfois, la panification, mais elle est très rarement pratiquée.

Pour mettre un terme aux distorsions, il faut réviser les conditions d’utilisation du glyphosate en demandant la suppression de cet usage comme dessicant avant récolte au sein de l’Union européenne, tant que son statut toxicologique n’est pas établi avec certitude.

Certaines limites maximales de résidus (LMR) ont été augmentées pour faciliter
les importations de productions traitées au glyphosate en Europe.

La LMR de base est de 0,1 mg/kg de produit mais, comme par hasard, les plantes bénéficiant de la LMR la plus élevée (20 mg/kg) sont le soja, le tournesol, l’orge, l’avoine et le sorgho, qui sont soit des cultures pouvant être génétiquement modifiées, soit des cultures dessiquées au glyphosate.
Pour le blé, les lentilles et le colza, elles sont à 10. Elles sont à 2 mg/kg pour les haricots.

 La liste européenne des LMR

Voir aussi le règlement 396/2005 et ses annexes modifiées : règlement 149/2008, règlement 839/2008, règlement 441/2012, règlement 293/2013.

Certaines LMR ont été augmentées entre 2008 et 2013. A titre d’exemple, la limite maximale sur lentille est passée de 0,1 mg/kg à 10 mg/kg, soit une multiplication par 100. De quoi faciliter les importations de lentilles dessiquées provenant du Canada et des États-Unis…

Pour une bonne application du principe de précaution, il serait souhaitable de ramener progressivement les LMR dans tous les produits au seuil minimal de 0,1 mg/kg et d’interdire les ventes à la consommation humaine et animale de produits dépassant cette norme.

Interdire d’utiliser le glyphosate implique d’interdire les importations de produits en contenant !

Si l’Union européenne a prolongé de 5 ans l’autorisation du glyphosate comme matière active, le gouvernement français envisage de retirer d’ici 3 ans les autorisations de mise sur le marché (AMM) des 188 produits qui en contiennent (certains à usage professionnel agricole, d’autres pour les jardins/particuliers).
La santé publique s’en trouvera-t-elle mieux, vu l’ampleur des importations de produits glyphosatés (32 millions de t/an de soja importés par l’UE) ?
La Commission européenne s’empresse d’achever les négociations du traité de libre-échange avec le Mercosur, premier producteur mondial de soja (OGM).

Pour protéger la santé publique, il faut interdire progressivement les importations de produits en contenant plus de 0,1 mg/kg et il faut relancer la production européenne de protéines végétales par des protections tarifaires permettant un prix rémunérateur pour les agriculteurs de l’UE.

Il n’existe pas encore d’alternatives crédibles

Le glyphosate est un herbicide efficace et peu coûteux.
Aucune solution de remplacement n’est avancée, hormis l’acide pélargonique (produit de biocontrôle), cher, aux résultats hasardeux et nettement moins efficace.
Un rapport de l’Inra préconise le retour au labour, le recours au gel hivernal des couverts intermédiaires, le hachage de la végétation, soit des techniques qui fonctionnent mais présentent plus d’inconvénients que d’avantages.
Le danger d’une interdiction brutale est majeur pour l’agriculture de conservation (agro-écologie).

Cancérigène ?

La polémique sur le glyphosate est partie d’un avis du Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC) considérant le glyphosate
« probablement cancérigène ».
Mais aucune autre agence au monde n’est de cet avis : ni l’OMS, ni l’EFSA, ni l’ECHA, ni l’Anses, ni aucune agence nationale.
Le lobbying s’exerce sur tous les organismes. L’agence de presse Reuters a enquêté sur l’intégrité du CIRC, soupçonné d’être infiltré par des lobbies écologistes. Le 8 décembre 2017, le directeur du CIRC a été sommé de venir devant le Congrès des États-Unis pour s’expliquer sur leurs méthodes de travail.

Et l’AMPA retrouvé dans les cours d’eau ?

L’acide aminométhylphosphonique (AMPA), métabolite du glyphosate retrouvé dans les eaux superficielles, ne provient pas uniquement du glyphosate mais également largement des phosphonates contenus dans tous les produits détergents et lessives utilisés par les particuliers et les industriels.
En dépit de la demande formulée par la CR à la précédente ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, les différentes origines de l’AMPA n’ont jamais été quantifiées.

Chiffres clés

En Amérique latine, une culture peut recevoir jusqu’à 15 l/ha.
En France, 1 à 3 l/ha peuvent être appliqués avant la culture.

La limite maximale de résidus autorisée de base est de 0,1 mg/kg
LMR de 20 mg/kg pour soja, tournesol, orge, avoine et sorgho, cultures OGM ou dessiquées au glyphosate.
LMR de 10 mg/kg pour blé, lentilles et colza.
LMR de 2 mg/kg pour les haricots.

La France importe 80 % du soja (sous toutes ses formes) consommé dans le pays, 30 % du tournesol, 21 % du colza.
L’Union européenne importe 78,6 % du soja qu’elle consomme.