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« La France va être le premier pays du monde à sortir du glyphosate »

« Une position dogmatique et sans base scientifique comme "diminuer de moitié l'usage des pesticides" n'est pas tenable sans une remise en cause profonde de notre modèle agricole. » Glyphosate/Biodynamie

« La France va être le premier pays du monde à sortir du glyphosate »

Retour vers le futur à la sauce Didier Guillaume…

Suite à l’interview donnée au Dauphiné Libéré relative à la sortie du glyphosate et reprise par la France Agricole dans son mail d’information du 29/04/2019, on apprend que Didier Guillaume, notre ministre de l’Agriculture, agronome autoproclamé, a trouvé la solution pour « sortir de notre dépendance aux produits phytopharmaceutiques ».

Personne ne l’avait imaginé mais « il faut simplement revenir à l’agronomie, la rotation de cultures, la couverture l’assolement, ce que faisaient nos grands-parents et que nous, on a un peu oublié de faire peut-être aujourd’hui. », étourdis que nous sommes !

Passons sur la contradiction de vanter à la fois les bienfaits de la bio et la volonté de se passer de pesticides (de synthèse alors ? Ou notre ministre ignore-t-il les traitements autorisés en bio?) pour se concentrer sur le fond : ce que faisaient nos grands-parents, c’est essayer d’assurer difficilement l’autonomie alimentaire de la France. Pour mémoire, les tickets de rationnement ont disparu fin 1949, presque 5 ans après la fin de la guerre.
Aujourd’hui, nous sommes 25 millions de plus qu’en 1949. Les méthodes d’antan pourraient-elles vraiment tous nous nourrir ?

Aller au-delà des « solutions » simplistes

Une position dogmatique et sans base scientifique comme « diminuer de moitié l’usage des pesticides » n’est pas tenable sans une remise en cause profonde de notre modèle agricole. Une telle remise en cause et ses conséquences seraient un vrai projet de société.
A ce titre, elles méritent d’être soupesées, discutées et initiées de façon ouverte et volontaire au lieu, comme c’est le cas ici, d’être la conséquence d’une simple mesure technique (la réduction drastique des pesticides).

Pour continuer dans l’appel à la nature, on peut s’étonner d’entendre le ministre citer la biodynamie comme une des voies privilégiées vers une agriculture durable. Je vous donne pour mémoire la définition de la biodynamie selon Wikipédia :
« L’agriculture biodynamique, aussi appelée communément biodynamie, est un système de production agricole magique issu du courant ésotérique de l’anthroposophie. Ses bases dogmatiques ont été posées par Rudolf Steiner dans une série de conférences données aux agriculteurs en 1924 et développées ensuite par des agriculteurs anthroposophes. L’agriculture biodynamique de Steiner ne donne aucun mécanisme explicatif, et son fondateur refuse la méthode expérimentale, en appelant uniquement à la foi de ceux qui voudront bien le croire. »

Alors non, Monsieur le Ministre, l’agriculture ne trouvera pas son salut dans l’appel aux traditions ou dans la sorcellerie moyenâgeuse mais bien dans la rationalité et dans la rigueur scientifique en ne se privant ni des progrès matériels ni des avancés biotechnologiques.