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Plutôt que de les brader à l’export, consommons nos jeunes bovins

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Plutôt que de les brader à l’export, consommons nos jeunes bovins

La filière française des jeunes bovins mâles pâtit de la crise sanitaire depuis plusieurs mois. La raison principale : la création d’un surstock en ferme faisant suite à un ralentissement de la consommation dans les pays du sud de l’Europe, auxquels nos animaux sont destinés.

En effet, afin de réguler ses flux et ses équilibres matières, la France dépend en partie du commerce extérieur, car elle consomme plus de femelles que de mâles. Les producteurs français exportent donc principalement des animaux maigres (broutards, nourrissons) vers l’Italie et l’Espagne, ainsi que de la viande de JB (jeunes bovins) abattus sur notre territoire : 59 % des jeunes bovins mâles type viande abattus en France en 2017 étaient destinés à l’export, majoritairement vers l’Italie.

 

exportation françaises de viande bovine réfrigérée ou congelée

Cependant, en raison notamment de la chute du tourisme dans les pays du sud de l’Europe, la consommation de viande bovine, et donc de bovins mâles s’est effritée. Un surstock de plus de 11 000 animaux en novembre s’est constitué dans les élevages, ce qui a entraîné la chute des cours de l’ordre de 5,3 % fin 2020 par rapport à 2019.

La CR, qui n’avait pas été conviée à la réunion entre le ministre de l’Agriculture et les acteurs de la filière en novembre dans le Massif Central, avait adressé une lettre ouverte à Julien Denormandie proposant qu’une aide soit débloquée d’urgence pour la commercialisation des jeunes bovins et des broutards, également en difficulté.

Nous devons nous recentrer sur le marché intérieur

Le ministre de l’Agriculture a appelé, ce jeudi, les gestionnaires de restauration collective à privilégier la viande de jeunes bovins dans leurs plats. L’objectif étant de soutenir les éleveurs français en difficulté. La Coordination Rurale salue cette prise de parole qui va dans le bon sens. Le syndicat ayant toujours estimé que l’export fragilise la filière bovine française. La restauration collective, tout comme la restauration commerciale, sont habituellement des canaux de distribution de la viande d’importation. Cette incitation du ministre doit donc désormais se traduire par des actes : la CR réclame une simplification des voies d’accès à la restauration collective pour permettre à tous les agriculteurs de s’impliquer dans ce débouché.

Le gouvernement doit aller plus loin et inciter l’achat de viande française en restauration commerciale

Afin d’aller plus loin dans le consommer local, dont le gouvernement se veut le porteur via le lancement de la plateforme « frais et local » au mois de janvier, la Coordination Rurale souhaite que des mesures soient adoptées pour la restauration commerciale lors de sa réouverture. En effet, 52 % de la viande servie en restauration hors foyer (RHF) était issue d’importation en 2017 (source FAM).

Ainsi, la CR souhaite que les restaurateurs qui travaillent des produits français soient valorisés à travers l’instauration d’une fiscalité vertueuse et l’octroi d’une aide supplémentaire aux restaurateurs qui jouent le jeu de l’approvisionnement local.