Les comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture en 2023 ont été présentés aujourd’hui par la Commission des comptes agricoles de la nation (CCAN).

2023 aura été marquée par la poursuite de la guerre en Ukraine, le conflit israélo-palestinien, ainsi que des crises météorologiques particulièrement sévères sur le territoire national.

Malgré ces facteurs, le volume de production agricole global est en hausse (+2,9%), mais ne doit pas masquer les grandes disparités entre des productions végétales qui progressent (+ 6,1 % après + 1,7 % en 2022) grâce notamment au rebond de la récolte de céréales (+ 5,8 % après ‒ 11,0 %) et de pommes de terre (+12,8 % après ‒ 8,3 %), et la baisse des productions animales qui se poursuit (‒ 2,5 % après ‒ 4,7 %) et concerne tant la viande que le lait.

Cette situation sur les volumes est quasiment inversée quand on regarde les mêmes productions, mais en prix et en valeur.

C’est en effet une dégringolade marquée sur les prix des céréales (-28,4 % après + 24%), en protéagineux (-26,8 %) et en oléagineux (-24,6 % après +2,2%).

Même situation inversée sur les productions animales, avec une augmentation en prix (lait +9,7 % et viande +7,5%) et en valeur alors que la production baisse, baisse notamment due à l’érosion préoccupante du cheptel qui se poursuit.

Les fruits et légumes font figure d’exception, avec une production stable ou en légère hausse, et des prix qui progressent respectivement de +7,5 % et +7,1 %.

Les subventions d’exploitation augmenteraient de 1,8 %, ce qui correspond majoritairement à une hausse des indemnités pour calamités agricoles, et à la disparition de l’aide exceptionnelle « impact de la guerre en Ukraine », plus qu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle PAC à compter du 1er janvier 2023 (dont les montants de certaines aides sont différents par rapport à 2022, mais s’équilibrent globalement entre eux).

À noter que la part des subventions d’exploitation dans l’excédent brut d’exploitation de la branche agricole augmentent de 2 points pour atteindre 22,8 %.

Les prix des consommations intermédiaires poursuivent leur hausse, mais dans une moindre mesure qu’en 2022. La CR note pour cette année encore la diminution des achats d’intrants et de nourriture animale. Si les prix de l’énergie ont un peu baissé, les prix des produits phytopharmaceutiques augmentent (+8,7%), de même que de même que les engrais et amendements (+19.1 %) et les dépenses vétérinaires (+5,2%).

La balance commerciale agro-alimentaire reste positive (+ 4 421 M€), mais c’est un trompe l’œil ; elle diminue cette année encore, et ne reste portée que par les exports de boissons. Hors boissons, la balance commerciale est fortement déficitaire (7 034 M€). Et toujours hors boissons, les seuls segments à être excédentaires sont les produits laitiers, les produits de travail du grain et les aliments pour animaux.

Pour lire le communiqué de presse : ICI

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