L'info régionale

Réseaux sociaux

Installation en filière ovine : un double objectif à remplir

brebis

Installation en filière ovine : un double objectif à remplir

L’élevage ovin français fait face, comme la plupart des filières d’élevage, à une chute du nombre d’éleveurs. Depuis 2010, leur nombre a chuté de 30,6 % pour s’établir à un peu plus de 39 000 en 2019. Ces derniers sont également plus âgés : en production ovin viande, 50 % d’entre eux ont plus de 50 ans contre 37 % en élevage caprin. Du côté de l’autosuffisance, la production ovine française atteint péniblement les 44 % de la consommation intérieure, ce qui ouvre les portes aux importations du Royaume-Uni, de l’Irlande ou de Nouvelle-Zélande, instables ou toxiques. La filière ovine doit de nouveau séduire la jeune génération pour remplir un double-objectif : remplacer la génération partant prochainement à la retraite et augmenter la part de la production ovine hexagonale dans l’objectif de tendre vers la souveraineté alimentaire.

Un taux de renouvellement élevé

D’après des données compilées par l’Institut de l’Élevage, 30 % des brebis sont gérées par au moins un coexploitant de plus de 55 ans, 42 % par au moins un coexploitant âgé entre 40 et 55 ans, 28 % par au moins un coexploitant de moins de 40 ans.

Néanmoins, l’âge moyen des éleveurs n’est pas synonyme d’un manque de renouvellement. La filière ovine bénéficie de l’un des taux d’installation les plus importants parmi les filières d’élevage, avec la filière caprine. En effet, depuis 2010, les installations sont en hausse grâce à 24 % d’installation d’éleveurs de plus de 40 ans (29 % d’entre eux sur des cheptels de 50 à 150 brebis). Cela a permis en en 2017-2018 d’approcher un taux de remplacement (entrants / sortants) de 100 % en ovins viande.

Taux de renouvellement (entrants/sortants) dans les filières d’élevage ruminant – Source MSA

Cela reste cependant insuffisant pour accroître la part d’autosuffisance en viande ovine française.

Plus de la moitié de la consommation française issue d’importation

D’après les chiffres issus des Douanes françaises, seule 44 % de la consommation française est produite sur notre territoire, le reste étant issu d’importations.

Provenance de la viande ovine consommée en France en 2019 – Source GEB IDELE d’après SSP et Douanes françaises

Ces importations sont principalement issues du Royaume-Uni, d’Irlande, d’Espagne et de Nouvelle-Zélande, et font peser sur les éleveurs français une épée de Damoclès. Le Brexit en cours de négociation rend l’avenir de la filière ovine incertaine et fait peser sur la France et les pays européens une augmentation de la part des importations néozélandaises et australiennes (les contingents pour l’UE28 provenant de Nouvelle Zélande resteraient les mêmes pour l’UE27 en cas de Brexit sans accord).

Il est donc primordial d’accroître, aujourd’hui plus que jamais, la part de la production ovine française qui, conjuguée avec la solidarité de la filière et notamment des acteurs de la distribution, pourront permettre de tendre vers la souveraineté alimentaire.

Une filière disposant de nombreux atouts, mais qui doit être soutenue

Près de la moitié de la production se situe dans les zones de montagne et de haute montagne. L’élevage ovin permet donc de valoriser des terres non-labourables notamment les prairies. Les brebis, en broutant, permettent de réduire des risques naturels tels que les avalanches, les incendies et participent au maintien de la biodiversité. On retrouve l’élevage ovin également en zones de plaines, principalement au sud de la Loire. Il est important de rappeler que la mauvaise gestion par les autorités de la prédation (loup, ours, lynx) des troupeaux va représenter un frein réel pour l’installation et la pérennité des élevages existants.

L’élevage ovin présente une relative bonne rentabilité et un retour rapide sur investissement grâce à un cycle de production court et des besoins en capitaux modérés. De plus, les marchés sont porteurs : le prix de l’agneau s’établit à environ 7€/kg depuis plusieurs mois, résultant de la solidarité de la filière depuis le début de la crise sanitaire et de la mise en avant de la viande ovine française dans les rayons des supermarchés.

Afin de maintenir une dynamique d’installation, cette activité permettant le maintien de l’emploi dans les zones rurales doit continuer à être soutenue par une PAC protectrice. Cela passe donc obligatoirement par le maintien de l’aide couplée ovine, orientée vers la production.