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Billet d’humeur : « Nos métiers doivent avoir la reconnaissance qu’ils méritent »

Billet d’humeur : « Nos métiers doivent avoir la reconnaissance qu’ils méritent »

Christian CONVERS, administrateur de la Coordination Rurale des Savoie et membre du Comité directeur de la CRUN a souhaité faire part de son ressenti quant à la crise sanitaire sans précédent qu’est en train de vivre la France actuellement…

« Déléguer notre alimentation est une folie » : tels ont été les propos de notre Président de la République au moment de l’annonce du confinement au début de cette crise sanitaire.
Espérons que ces propos, plutôt réconfortants dans la bouche d’un Président, puissent peser sur les orientations de la prochaine PAC.
Dès le début de cette crise, les agriculteurs ont été surpris de voir la population prise de panique se ruer vers les rayons d’alimentation des supermarchés de peur d’avoir faim.
Notre pays dispose encore d’une agriculture, certes en difficulté économique, mais qui reste capable de fournir l’ensemble des produits alimentaires dont les consommateurs ont besoin en quantité suffisante. Et de très bonne qualité.
Pourtant, au bout de deux semaines seulement, l’avenir s’assombrit rapidement pour bon nombre de productions agricoles. Nous avons vu dans les médias les horticulteurs contraints de mettre en décharge la totalité de leurs productions du moment. Les maraichers et les arboriculteurs suivent en partie le même scénario. A ce jour, la production laitière est touchée de plein fouet sur l’ensemble du territoire national. On demande aux producteurs une baisse significative et immédiate de la production allant parfois jusqu’à l’arrêt complet de la collecte pour certains secteurs… tout cela pendant que le beurre vient à manquer dans bon nombre de grandes surfaces.
La liste des productions impactées s’allonge chaque jour…
Et pourtant, il est évident que même en cas de crise sanitaire, l’activité agricole doit se poursuivre tant bien que mal, comme en temps de guerre, avec les moyens dont elle a toujours disposé. Par esprit de responsabilité et par nécessité de poursuivre la fonction vitale de production alimentaire, nous devons obligatoirement penser au lendemain.
Nous ne sommes sans doute même pas au milieu de cette crise mais nous, agriculteurs, constituons avec l’ensemble des salariés qui transforment nos produits, les transporteurs qui les acheminent vers la distribution, les métiers des soignants et autres métiers indispensables au fonctionnement du pays « la fin de cordée » (pour détourner l’expression chère à notre Président).
Nombre d’entre nous serions heureux de disposer d’une semaine de confinement avec un salaire assuré en partie. Nous la mettrions à profit pour un repos plus que nécessaire .
Espérons que nous sortirons en bonne santé  physique de cette crise sanitaire. Sur le plan économique, nous verrons bien le sort qui sera réservé aux plus pénalisés car cette fois, les encouragements ne permettrons pas à ceux qui sont à terre malgré tout le travail qu’ils auront fourni durant cette période de se relever.
Espérons que nos dirigeants puissent enfin comprendre que la vraie vie ne se déroule pas essentiellement devant les ordinateurs et les tablettes et que tous nos métiers doivent avoir la reconnaissance qu’ils méritent.
Souhaitons enfin qu’ils prennent en compte cette exception agriculturelle que la Coordination Rurale appelle de ses vœux depuis tant d’années. »