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Supprimer la chimie en agriculture ?

glyphosate Jean-René Gouron

Supprimer la chimie en agriculture ?

Bonjour,

En début 2018, les Bios manifestaient à Poitiers parce qu’il avaient de gros retard de paiements concernant leurs aides spécifiques. Certains clamaient que leurs comptes étaient dans le rouge…
En conséquence, je constate que sans aide, malgré un marché porteur, malgré des prix de vente supérieurs, et bien ils ne s’en sortent pas forcément mieux que les conventionnels. Il est vrai que ceux qui développent un magasin à la ferme avec de la vente directe s’en sortent mieux. Mais c’est la même chose avec le conventionnel.

Sans chimie, le paradis ?

Des abrutis veulent monter les différentes agricultures les unes contre les autres, sans doute pour se réjouir de la guerre dans la campagne…

J’ai entendu un directeur de Biocoop affirmer à la télé que tout était empoisonné et que, bien sûr, il représentait la SANTÉ et, sous-entendu, les autres la mort. Rien qu’à le regarder, j’ai compris qu’il avait la bonne place. Il m’a écœuré. J’ai du respect pour tous les agriculteurs. Mais certainement pas pour ce genre de type qui surfe en costard cravate sur les croyances des uns et la peine des autres.

A vouloir la suppression totale de la chimie, la société prend des risques énormes. Il y a peu, j’ai vu trois agents municipaux courbés pour couper à la « piarde » les herbes le long des murs des maisons et se servant du couteau un genou à terre pour les plantes les plus récalcitrantes. J’ai dit à un adjoint du maire : « D’ici peu, vous verrez vos agents pliés en deux venir vous indiquer qu’ils se mettent en arrêt maladie et ils réclameront et ils auront raison des indemnités pour cause de pénibilité... »

Je n’ai jamais oublié le visage radieux de mon grand-père quand le premier désherbant est arrivé sur la ferme.
Je n’oublie pas non plus le temps ou les maîtres d’école emmenaient les enfants de la classe ramasser les doryphores à la main dans les champs de pommes de terre.

Chimie sans conscience…

Oui, il y a eu des abus, mais nous n’en sommes plus là.
Force est de constater que la France est championne du monde de l’hypocrisie. Prenons l’ exemple du GLYPHOSATE. En 1975, il s’utilisait à 12 litres/ha. Quelques années plus tard, avec le génamin, ce fut 6 l/ha. Et aujourd’hui, nous sommes souvent à moins de 2 l/h-a en agriculture de conservation. Soit une division par 6 ! Mais rien n’y fait : les efforts ne servent à rien pour les idéologues qui veulent la suppression totale.
Et « en même temps » – pour utiliser une expression à la mode… – on importe à pleins bateaux maïs et sojas OGM glyphosatés. Des produits qui ne peuvent pas exister chez nous puisque les OGM sont interdits en France. Conclusion : en supprimant le glyphosate en France, nous punirons les innocents et nous ouvrirons un boulevard aux importations – aux coupables – et nous continuerons à pisser du glyphosate.

J’attends toujours qu’on invalide ma formule : « Chimie sans conscience est la ruine de la santé mais chimie bien ordonnée est le bienfait de l’humanité ». C’est quoi la médecine ? De la chimie ?

Et la chimie du quotidien ?

A ce propos, j’indique que j’ai été très heureux d’être anesthésié pour qu’on remplace ma pile pour mon cœur. Je suis désolé d’avoir accepté les pesticides qui me permettent de vivre plus longtemps. Je suis désolé d’être le salaud qui n’a pas accepté une mort naturelle aux dépends de la planète. Le salaud qui chaque matin et chaque soir ingurgite 100 mg de Flécaïnide (ide comme insecticide , comme herbicide, comme fongicide…), + 50 mg de Métoprolol, le tout de la maison Sandoz… Et honte suprême, cela dure depuis août 2011…

Et nos femmes, nos filles pour leur libération, qui utilisent ou ont utilisé la pilule, c’est de la chimie qui ne compte pas ?
Dans un autre domaine, comment allons-nous lutter contre la mouche qui dévore le mouton ? Rappelez-vous le chikungunya. A la télé, les agents étaient pompes sur le dos pour désinfecter tout ce qu’ils pouvaient pour se débarrasser du fléau. Je suppose que c’était de l’eau de rose…

Pour finir quelques chiffres du Centre national d’études démographiques (CNED).
En 1910, chimie zéro, voitures zéro, goudrons zéro, tracteurs zéro, avions zéro, électricité zéro. Haies maxi, bio-diversité maxi, remembrement zéro, écolos zéro. Espérance de vie, 50 ans et crue du siècle à Paris jamais égalée à ce jour.
En 2019 : espérance de vie + de 82 ans. À bas la chimie… À bas le progrès technique… À bas la science… En avant les prophéties et les prophètes du malheur…

Désolé de vous avoir importuné.

Jean-René Gouron du 86