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Avalanche de scandales sanitaires : la réaction de Jean-René Gouron

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Avalanche de scandales sanitaires : la réaction de Jean-René Gouron

Le 2 janvier 2018, Jean-René Gouron, administrateur de la CR86, a reçu une lettre d’information du site internet « Pure Santé » intitulée « Avalanche de SCANDALES SANITAIRES ! », et qui reprenait certaines informations ayant fait le buzz en 2017 dans le but de vendre un livre sur les traitements alternatifs non chimiques.

Un passage traitant du glyphosate (voir ci-dessous) a fait réagir Jean-René Gouron, exaspéré par les accusations constantes dont sont victimes les agriculteurs lorsqu’il s’agit de l’utilisation de cet herbicide.

Réponse de Jean-René Gouron :

Mesdames, Messieurs,

Tout ce qui est excessif est dérisoire. Contrairement à ce que vous affirmez, le tout chimique , il y a belle lurette que cela n’existe plus en France. Par contre, ceux qui croient qu’une agriculture est possible avec zéro chimie sont de doux rêveurs. Pour ma part, si je suis toujours en vie c’est grâce à la chimie. Quant à ceux qui jouent aux marchands de peur à des fins lucratives à longueur de journée, c’est rasoir.

Oui, vous avez trouvé du glyphosate dans les céréales, les pâtes, mais vous êtes vous posé la question de savoir d’où ces céréales venaient ? Le syndicat auquel j’appartiens, la Coordination Rurale, est allé à Lorient et à Saint Nazaire pour récupérer des échantillons des produits d’importation et, effectivement, nous avons trouvé la même chose que vous.

Nous avons aussi effectué des analyses sur nos produits agricoles français et là, nous n’avons pas trouvé les substances que vous évoquez. Pourquoi ? Parce qu’en France nous ne cultivons pas d’OGM. En conséquence, nous ne pulvérisons jamais de glyphosate sur nos cultures car celles-ci crèveraient. Nous utilisons le glyphosate dans les inter-cultures pour épuiser les premiers centimètres du sol des plantes adventices, permettant ainsi de toucher le moins possible le sol pour le semis suivant.

Ce qui est dommageable dans votre propagande, c’est que vous faites l’amalgame qui laisse entendre que tout est pareil, et ce faisant vous accusez directement et indirectement les agriculteurs français innocents, qui subissent de surcroît des importations non tracées qui les font mourir économiquement.

Sachez aussi que les agriculteurs français sont des consommateurs comme vous, mais qu’ils souffrent trois fois : en tant que consommateurs, en tant qu’accusés alors qu’ils ne sont pas coupables, et en tant qu’agriculteurs parce qu’ils sont soumis à une concurrence déloyale qui fait chuter le prix de leurs produits sains face à des produits malpropres.

Peut-être que c’est volontairement que certaines organisations dites « écologistes » refusent de parler des importations, une manière d’écraser les prix des produits sains français…

L’agriculture française est la plus contrôlée, la plus sûre et la plus propre du monde. C’est aussi la raison pour laquelle je n’ai pas besoin de manger « bio ».

Je pratique l’agriculture de conservation et je mange ce que je produis.

Pour finir, étant non loin du pays de François Rabelais, permettez-moi de livrer à votre méditation sa maxime du début du XVIe siècle : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Je n’en ferais pas l’explication de texte, considérant que vous êtes aussi instruit que moi. Par contre, je vais le paraphraser pour sans doute imaginer ce qu’il aurait pu dire au XXIe siècle : « Chimie sans conscience n’est que ruine de la santé ». Mais j’ajoute, j’affirme et j’assume que : « Chimie bien ordonnée est le bienfait de l’humanité ».

N’oubliez jamais, mesdames et messieurs, qu’en toutes choses c’est la dose qui fait le poison. Un vin bio consommé en trop grande quantité fera quand-même de vous un alcoolique et vous fera mourir prématurément. Idem pour le tabac bio, etc.

Les agricultures bio et de conservation ne s’opposent pas. Elles sont complémentaires.

Jean-René Gouron,

Agriculteur à Dangé Saint Romain (86)