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Sieta Van Keimpema élue présidente de l’European Milk Board

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Sieta Van Keimpema élue présidente de l’European Milk Board

Photo : Sieta Van Keimpema (2e en partant de la droite) entourée de gauche à droite par Bernard Lannes, Véronique Lefloc’h et Catherine Laillé – Space 2018

Les membres de l’European Milk Board ont élu Sieta Van Keimpema, éleveuse laitière néerlandaise, présidente de l’organisation européenne le 6 octobre lors de son Assemblée générale à Gembloux (Belgique). Elle succède à l’éleveur belge Erwin Schöpges, élu en avril 2018, qui souhaite s’occuper d’avantage au développement du lait équitable en Belgique.

Par un vote unanime, les membres de l’assemblée générale et du Comité directeur ont admis la Coordination Rurale adhérente de l’EMB. En effet, le syndicat a du renouveler son adhésion suite à la transformation de l’OPL, syndicat spécialisé, en section Lait de la CR.

Une année difficile pour les éleveurs laitiers européens

Le tour de table des pays membres a relaté des difficultés partagées aux quatre coins de l’Union européenne. La Covid-19 n’a en effet épargné aucune région, et la fermeture de débouchés a fait craindre la constitution de stocks néfastes aux éleveurs. Plusieurs agriculteurs français et allemands ont ainsi exprimé leur mécontentement suite à l’annonce de stockage par la Commission européenne en répandant de la poudre de lait de manière symbolique et ont demandé plus de régulation. En France, la saisonnalité annoncée par certains industriels a fait baisser le prix payé aux éleveurs au printemps, qui n’est par entièrement répercutée à l’automne comme annoncé, les volumes étant moins importants sur la seconde partie de l’année. De nombreuses contestations ont animé les éleveurs néerlandais sur la question du prix du lait, mais aussi au sujet des normes environnementales (rejets azotés et d’ammoniac) imposées par le gouvernement. En Suisse, le prix du lait est insuffisant à cause de leur mauvaise valorisation par les industriels. En effet, suite à la mise en place d’une prime fromagère, les industriels ont délaissé la fabrication de beurre pour fabriquer du fromage sans valeur ajoutée. Ainsi, le lait utilisé pour sa fabrication s’est retrouvé mal valorisé et les éleveurs n’en tirent pas un prix rémunérateur, le fromage étant exporté vers les pays frontaliers. Cela conduit à la constitution de stocks de beurre nuls pour le marché national, compensés par des importations de matière grasse. Double peine pour les éleveurs.

La Commission européenne stigmatise l’élevage pour la pollution atmosphérique

L’European Milk Board a convié Michael Scannell, directeur général adjoint à la DG Agri de la Commission européenne afin qu’il s’exprime sur la situation de l’agriculture en Europe. La stratégie Farm to Fork proposée en 2019 prévoit une diminution des gaz à effet de serre de l’ordre de 55 % à l’horizon 2030. Outre le fait que les secteurs du transport et de l’industrie travaillent pour réduire leurs émissions, M. Scannell n’a pas manqué de rappeler que l’agriculture était également très concernée par ces émissions, et notamment l’élevage. Se cachant derrière le constat des ONG, qui indiquent que les citoyens européens consomment trop de produits carnés, l’ancien membre de la DG Santé veut voir des changements de comportement alimentaire au profit de produits végétaux. Il rappelle par la même occasion que certains pays (sans les citer) devront revoir la taille de leur cheptel afin de répondre aux exigences environnementales. La ligne de la Commission est donc claire : moins d’élevage, plus de production végétale et bio. Cela explique pourquoi la Commission n’hésite pas à financer les industries de « viande » alternative à base de végétaux, à l’instar de l’entreprise néerlandaise Meatable.

Le fonctionnaire européen a néanmoins admis que la rémunération des éleveurs européens était insuffisante. Il s’accorde sur le fait que les changements que le secteur agricole devra opérer dans les prochaines années ne pourra avoir lieu qu’avec des revenus suffisants.