Quels sont les impacts des antennes-relais et autres ouvrages électriques sur les activités d’élevage ? L’émission des ondes électromagnétiques peut-elle affecter la production de lait ou provoquer une dégradation de l’état de santé des animaux ? Le ministère de l’Agriculture a confié une mission d’enquête au Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER).

Si la question taraude les éleveurs depuis le déploiement massif de la téléphonie mobile, elle a pris une ampleur judiciaire en 2021 lorsqu’un éleveur de Haute-Loire l’a portée jusque devant les tribunaux. Son troupeau de vaches dépérit à vue d’œil selon notre collègue qui demande une expertise sur son exploitation où une antenne 4G est implantée. Mais alors que le tribunal administratif avait ordonné au printemps 2022 un arrêt de l’antenne pendant deux mois, le Conseil d’État casse cette ordonnance à l’automne de la même année. Résultat : l’expert ne pourra pas vérifier le lien de cause à effets entre le fonctionnement de l’antenne et le mal-être des animaux.
Or, les lignes à haute tension et les antennes-relais sont de plus en plus pointées du doigt par les collègues éleveurs comme menace sur la vie de leurs animaux. Il était donc plus qu’urgent de diligenter une enquête.

Une enquête accueillie avec circonspection par les éleveurs

Si pour la majorité des acteurs de la ruralité, cette enquête est déjà « un bon début », nombre d’éleveurs restent dans l’expectative.

Et pour cause. La polémique dure depuis des années et le débat autour de la nocivité des ondes électromagnétiques s’enlise faute d’études systémiques. Et celles qui ont été publiées se contredisent souvent. Au gré des commanditaires ? Face à l’absence de réponses claires des autorités sanitaires, certains éleveurs seraient bien enclins à le croire.

La Coordination Rurale est présente sur tous les dossiers qui ne trouvent pas forcément d’écoute auprès des institutions et qui par conséquent peinent à se résoudre, ou tout du moins à faire l’objet d’études sérieuses.

C’est pourquoi elle attend avec impatience les résultats de cette enquête et invite les éleveurs à répondre massivement au questionnaire. Ce n’est qu’en récoltant le maximum de données de terrain qu’on pourra contribuer à la recherche sur le phénomène et comprendre enfin si les baisses de production et les troubles constatés sur nos élevages peuvent être corrélées à la proximité des ouvrages électriques et des antennes relais.

Les éleveurs sont donc invités à répondre à un questionnaire anonyme disponible sur ce lien jusqu’au 31 août 2023 :

https://enquetes.ac-sg.agriculture.gouv.fr/index.php/724394?lang=fr

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