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Mercosur : les éleveurs sacrifiés et après… les salariés ?

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Mercosur : les éleveurs sacrifiés et après… les salariés ?

Pour la Coordination Rurale, pourquoi les agriculteurs européens devraient-ils continuer de fournir des efforts imposés par l’Union européenne alors qu’elle les sacrifie délibérément !

En acceptant l’entrée de 99 000 tonnes de viande bovine du Mercosur, 65 000 tonnes du CETA, en plus des 45 000 t du panel hormones, dont l’avantage vient d’être accordé majoritairement aux USA, ou encore 40 000 t de Nouvelle-Zélande, nos dirigeants renient les objectifs de transition écologique annoncés lors des États Généraux de l’Alimentation.

Anti-sociétal, tromperie !

« Avec le Mercosur, 279 000 tonnes supplémentaires de viandes (bœufs et volailles) seront consommées en Europe par désinformation et non par choix ! Pourtant, la société occidentale, prête à manger moins de viande pour privilégier la qualité, réclame des produits sains, moins industrialisés avec une traçabilité irréprochable. Malgré cela, nos politiques valident les circuits « longs » par opposition aux circuits courts ! » se défend Alexandre Armel, représentant de la section Viande de la CR.

Anti-économique :

Sachant que la France exporte déjà plus vers le Brésil qu’elle n’importe, que les exportations de viande française restent toujours concentrées sur le marché européen, que le Brésil, avec un Président élu « pro-entreprises », escompte de ce traité une croissance supplémentaire de 3 % pendant 15 ans, ainsi qu’une augmentation de ses exportations de 88 milliards d’euros d’ici 2035, que le Brésil agit facilement sur sa monnaie pour rendre ses produits compétitifs, n’est-ce pas naïf de croire que notre balance commerciale en sera bénéficiaire ?

Anti-écologique :

Ce traité cautionne la volonté du Brésil, via sa ministre de l’Agriculture, ancienne représentante du lobby de l’agrobusiness, de récupérer les terres des Indiens du Brésil pour y produire à des fins commerciales.
Comment nos dirigeants peuvent-ils tolérer le sacrifice de nos filières viandes avec un pays qui a refusé d’accueillir la COP 25 cette année ?
Combien de bateaux supplémentaires traverseront l’Atlantique pour échanger des denrées ne respectant pas nos normes environnementales et sociales ?

Seule l’exception agriculturelle permettrait d’éviter de brader notre agriculture sur l’autel de la mondialisation !  » L’Union européenne aide pour importer, aide pour exporter et pendant ce temps, l’Europe perd sa souveraineté alimentaire et ses agriculteurs, et demain ses salariés en important un coût de la main-d’œuvre inférieur » conclut Véronique Le Floc’h , secrétaire générale de la CR. C’est irresponsable !