Un dernier constat amer et lucide en guise d’aurevoir

Dans un rapport de l’OFPM (Observatoire de la formation des prix et des marges), Philippe Chalmin, président sortant, dresse dans l’avant-propos et avec une certaine liberté, le bilan de 12 années d’efforts pour apporter de la transparence dans l’élaboration des prix.

La Coordination Rurale (CR) salue le travail utile et nécessaire de l’OFPM, et notamment la création de l’euro alimentaire mettant en lumière la faible part de l’agriculture dans le panier de la ménagère.

Cependant l’action de l’OFPM, de l’aveu même de son président, n’aura finalement entraîné que peu d’évolutions dans les mentalités et dans les rapports de force au moment des négociations commerciales.

Si les agriculteurs ont retrouvé des marges positives dans la plupart des filières, à l’exception de l’élevage bovin, ils le doivent à l’augmentation des prix agricoles : « L’amélioration de la situation agricole n’est en aucune manière liée à un partage plus favorable de la valeur ajoutée comme le célèbrent nombre de discours depuis les EGAlim. »

Déjà 12 ans que l’OFPM publie des rapports destinés à éclairer les acteurs économiques et les pouvoirs publics sur la formation des prix et des marges, et autant d’années que les agriculteurs attendent des décisions propres à améliorer leur situation. Mais y a-t-il quelque chose à attendre de Paris et de Bruxelles ?

Des constats aux actes

Pour la CR, il est impératif de revenir à une PAC protectrice et véritablement au service des agriculteurs et des citoyens de l’Union européenne. De même, (re)mettre en place des mécanismes de gestion des volumes de production afin d’assurer des perspectives et des prix rémunérateurs aux agriculteurs est fondamental.

Là encore, la CR partage le constat du président de l’OFPM sur le choc que subissent les agriculteurs qui sont passés en quelques années « du stable à l’instable » ; ce que l’on cherche à compenser par « des aides de plus en plus assorties de contraintes et à la légitimité parfois discutable. ». La CR complétera en disant qu’elles sont aussi de plus en plus faibles !

Il est également urgent de stopper la folie dérégulatrice : après le lait et le sucre, c’est l’agriculture bio qui subit une marche forcée destructrice, constat partagé par Philippe Chalmin, pour qui la crise « montre bien les limites de ces créneaux lorsqu’ils ne restent pas des niches. »

Que l’on ne s’y trompe pas, 2022, avec ses voyants presque « au vert », est une année en trompe l’œil qui ne doit pas faire oublier que le rapport se base sur des fermes de référence, ni les années précédentes où le prix des productions était inférieur aux coûts de production, notamment pour le blé. Elle ne doit pas faire oublier, non plus, que les exploitations agricoles sont hétérogènes et le marché fluctuant.

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