Pour espérer sortir de la désagriculturation, la Coordination Rurale s’attendait à l’élaboration d’une grande loi d’orientation de la part du Gouvernement. Mais l’avant-projet et le pacte diffusés ces derniers jours auront brisé les derniers espoirs. Il ressort bien que les moyens mis en œuvre renforcent prioritairement le para-agricole.

La Coordination Rurale regrette que d’une première version de l’avant-projet, aux ambitions déjà modestes, il ne reste qu’une version totalement édulcorée axée sur la formation, la transmission et l’installation avec les chambres comme guichet unique, qui ne changeront rien ! Quant à la sécurisation juridique et à l’accélération des projets de stockage de l’eau, cela ne doit pas rester que des paroles ! C’est un élément très important de la compétitivité de nos exploitations, laquelle compétitivité conditionnera tout un cycle d’autres investissements !

Concernant le Pacte, la CR relève les propos du ministre voulant provoquer un « choc d’attractivité », réconcilier le monde agricole et les Français, et répondre au besoin d’un « récit nouveau »… La CR ignorait que l’agriculture s’était fâchée avec la société, elle estime, en revanche, que c’est plutôt une partie de la société qui en veut aux agriculteurs, à leurs modes de production, aux bruits et aux odeurs.

La CR est perplexe devant cette approche romancée où le narratif résoudrait des problématiques qui sont, elles, bien concrètes telles que le manque de revenu, la pénibilité, l’astreinte, la faiblesse des retraites… Par ailleurs, elle ne solutionnera rien tant que la question de la soumission des agriculteurs aux coopératives et autres sociétés multinationales, en plus de celle liée à la PAC, ne sera pas tranchée.

Cette loi et ce pacte n’apportent que très peu de perspectives aux agriculteurs ! En tous les cas, pas suffisamment pour retenir ceux qui se posent la question de poursuivre leur activité agricole, ou bien de réduire ou de cesser leur développement.

La CR sera attentive à la mouture soumise aux parlementaires. Il n’est pas trop tard pour faire de cette loi un vrai levier de la réagriculturation.

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