Alors que le système actuel de financement des syndicats agricoles est déjà loin de garantir une juste représentativité, le Gouvernement rédige actuellement un nouveau décret qui pourrait porter un coup supplémentaire au pluralisme.

Aujourd’hui, 95 % des chambres d’agriculture sont dirigées par le syndicat agricole dit « majoritaire » la FNSEA, qui pourtant n’a obtenu que 55 % des voix aux dernières élections, et ce en comptabilisant les votes pour le syndicat allié, les JA.

Par ailleurs, jusqu’ici le financement alloué aux syndicats s’appuyait, de manière plus équitable, pour 25 % sur le nombre d’élus (75 % sont FNSEA) et pour 75 % sur le nombre de suffrages. En s’orientant vers une modification de la clé de répartition des financements à 50 % sur le nombre de suffrages, et à 50 % sur le nombre d’élus, il s’agirait non seulement de diminuer de manière conséquente les ressources des syndicats alternatifs, mais également d’affaiblir leur représentativité au sein des institutions. Cela constitue un déni démocratique qui est indigne d’une République comme la nôtre.

Si le ministère de l’Agriculture est régulièrement accusé d’être à la solde de la FNSEA, en voici une preuve flagrante. La Coordination Rurale, seul syndicat 100 % agricole, revendique depuis sa création une réelle représentativité dans les instances.

Afin que cesse cette complaisance vis-à-vis du tandem FNSEA/JA, la CR, qui avait interpelé les députés et le Gouvernement, demande à ce que l’enveloppe soit intégralement répartie en fonction du nombre de voix.

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