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ILS ONT OSÉ… : du foie gras in vitro à base de cellules d’œufs de canes fécondés

FG in vitro

ILS ONT OSÉ… : du foie gras in vitro à base de cellules d’œufs de canes fécondés

Vous aimiez le foie gras traditionnel ? Vous allez adorer le foie gras in vitro ! La Coordination Rurale vous dévoile en exclusivité la recette du foie gras produit par la start-up « Gourmey » qui, lui, n’a rien de gourmet…

Pour un foie gras de synthèse, il vous faut :

– prélever des cellules d’œufs de canes fertilisés ;

– les déposer dans une cuve remplie d’un liquide nutritif à 37° dont la composition est inconnue ;

– laisser les cellules se multiplier suffisamment et les spécialiser en adaptant la nourriture ;

– les laisser se développer encore deux à trois semaines ;

– récolter les cellules et ajouter de la matière grasse végétale jusqu’à trouver la texture optimale ;

– déguster !

Pour pouvoir jouer aux apprentis-sorciers, les membres de la start-up ont réussi à lever 10 millions d’euros. Les financeurs ? Des sociétés de capital-risque qui investissent surtout dans la tech, le numérique ou l’intelligence artificielle mais également, et c’est là que le bât blesse, BPI France et la Commission européenne. Comment ces dernières peuvent-elles financer ce type de projet alors que nous traversons une crise sanitaire sans précédent et que la communauté scientifique se divise quant à la qualité et à la sécurité sanitaire de la viande in vitro ? N’aurait-il pas mieux valu apporter un soutien aux éleveurs frappés dernièrement par la grippe aviaire qui ont dû investir des milliers d’euros pour adapter leur activité ? Les CR 32, 65, 40 et 64 fustigent ce positionnement.

Les arguments avancés par la start-up pour ce « slaughter foie gras », comprenez « foie gras sans massacre », se veulent pro bien-être animal. Or, pour le produire, il faut des œufs fécondés, donc des canes « machines à pondre » inséminées artificiellement. De plus, qu’adviendra-t-il de ces œufs une fois les embryons tout ou partie prélevés ? La limitation des gaz à effet de serre et de la consommation d’eau sont également des arguments mis en avant. Pourtant, même si les besoins en matière de bâtiments d’élevage sont moins importants, puisque exclusivement destinés aux pondeuses, qu’en est-il des émissions des data center mobilisés pour travailler et communiquer sur ce projet ? Ces data center sont maintenus à grands renforts de climatiseurs. Ces donneurs de leçons ne sont donc pas si irréprochables... Le modèle durable revendiqué par Gourmey n’est que poudre aux yeux ! En réalité, ces financiers contribuent de façon non négligeable à l’émission de gaz à effet de serre. Mais, comme bien d’autres businessmen, ils maîtrisent parfaitement les codes marketing et adoptent la méthode du Greenwashing pour vendre leurs produits, à savoir : communiquer auprès du public en utilisant l’argument écologique de manière trompeuse pour améliorer son image.

La commercialisation de ce produit « révolutionnaire » est prévue pour fin 2022, voire début 2023. Dans un premier temps, les marchés visés par Gourmey sont les États-Unis et l’Asie, ainsi que les pays où le foie gras est interdit : République Tchèque, Finlande, Italie, Pologne, Turquie, Royaume-Uni, ainsi que New-York. Si certains pays sont prêts à passer au foie gras de synthèse, c’est à nous, producteurs de nous battre pour que le marché français ne soit jamais contaminé par cette pâle copie du foie gras traditionnel. Nous devons composer avec les steaks et laits végétaux qui sont déjà des contrefaçons, ne laissons pas le synthétique prendre le relai.

Les CR 32, 65, 40 et 64 vont suivre de près l’avancée de ce projet et sont déterminées à ne pas laisser la production traditionnelle et ancestrale locale être salie par des produits de science-fiction.

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