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FCO : l’État montre à nouveau son manque d’implication pour soutenir la filière viande

FCO : l’État montre à nouveau son manque d’implication pour soutenir la filière viande

Depuis le 1er janvier 2018, l’ensemble du territoire national est en zone réglementée pour les sérotypes 4 et 8 de la FCO. Depuis cette date, la CR a alerté à de nombreuses reprises les pouvoirs publics afin d’anticiper les besoins en doses vaccinales pour permettre le départ de nos animaux vers les pays tiers et pour anticiper une éventuelle aggravation clinique de la malade. « Pour le moment, le sérotype 4 n’entraîne pas de cas cliniques, ce qui est très surprenant », analyse François Toussaint, représentant de la CR au sein du CNOPSAV. « Dans tous les autres pays, le sérotype 4 s’est déclaré de manière très virulente. Un éventuel réveil du virus serait catastrophique sans anticipation vaccinale. »

Malgré cela, aucune mesure particulière n’a été engagée par le ministère. Au moins de mars, il a même annoncé que les stocks de vaccins actuels seraient épuisés d’ici le moins de juillet. La CR avait alors renvoyé un courrier à la DGAL pour demander de nouvelles explications sur les gestions des vaccins. La DGAL ne s’était jusqu’alors pas donnée la peine de répondre.

Mercredi 30 Mai, à l’occasion d’un point FCO à FranceAgrimer, la DGAL s’est enfin exprimée. Pour elle, l’État veut bien s’impliquer dans la gestion d’une maladie en vue de l’éradiquer ou d’en traiter les aspects sanitaires. Or, depuis le 1er janvier, la filière a renoncé à éradiquer la FCO. En l’absence de signes cliniques, la gestion de cette maladie n’a plus que des enjeux commerciaux, c’est donc à la filière de s’organiser pour gérer les commandes et les distributions de vaccins.

Un bien triste exemple pour l’avenir

L’argument ne manque pas de logique, mais le présupposé ne va pas de soi : pourquoi l’État ne devrait-il s’impliquer que pour gérer les conséquences sanitaires d’une maladie, et non ses conséquences économiques ? L’État montre à nouveau son refus de soutenir la filière viande pourtant bien moribonde. Pourtant, chez nos voisins européens, il n’en est pas ainsi. De l’autre côté des Pyrénées, les éleveurs espagnols bénéficient du soutien sans faille de leurs pouvoirs publics, et sont en train de conquérir l’ensemble du marché méditerranéen.

Quels enseignements l’exemple de la FCO donne-t-il pour la suite ? Qu’en sera-t-il par exemple de la fameuse ouverture du marché Chinois à la viande française, célébrée en grande pompe par notre président ? Si l’ouverture peut être considérée comme une victoire, encore faudra-t-il assurer le service après vente et maintenir des relations fortes et durables avec ce pays. Le pire pour les éleveurs français serait que les volumes produits pour la Chine, ou pour tout autre pays, restent sur le marché intérieur en cas de fermeture d’un pays tiers. Espérons que l’État évite au moins cela.

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