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Et si la contractualisation changeait quelque chose ?

vache allaitante charolaise

Et si la contractualisation changeait quelque chose ?

Chères collègues, chers collègues,

La contractualisation en viande bovine est sur toutes les lèvres, car elle va engendrer un bouleversement de nos habitudes commerciales, profond pour ceux et celles d’entre nous aguerris aux négociations, et peut-être mineur pour les adhérents à une coopérative. Cependant, quel sera l’impact sur nos prix de vente ? Malhonnête ou idéaliste celui qui vous assurera des lendemains meilleurs à coup sûr.

Si je m’en réfère aux propos du ministre de l’Agriculture lors du congrès de la CR le 2 décembre dernier, la filière viande ne peut pas rester dans le statu-quo au regard du niveau de notre rémunération. Nous ne pouvons que partager ce constat, et la Commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN) vient de nous le rappeler.

Face à cette situation, que propose et défend le ministre ? La contractualisation obligatoire pluriannuelle. Que le mot « obligatoire » est dur dans mes oreilles d’adhérent de la Coordination Rurale. Mais que faire ? Rester sur le bord de la route sans prêter attention à cette nouvelle mesurette ? S’opposer farouchement à toute évolution au risque de rester l’une des professions les moins bien rémunérées ?

La section Viande de la CR a préféré avoir une attitude constructive. Il ne faut pas faire peser l’échec d’Egalim 1 sur Egalim 2. C’est pour cela que vos représentants au sein de la section Viande ont choisi de donner une chance à la contractualisation obligatoire, même si de nombreuses interrogations subsistent (relire ici notre communiqué de presse). Les informations à notre disposition sont effectivement lacunaires et cela suscite, à juste titre, des réticences chez beaucoup d’éleveurs. Notre volonté est de combler ces vides en faisant en sorte que ce qu’il reste à fixer aille dans le bon sens, celui de notre rémunération. Nos récentes rencontres avec la conseillère du ministre nous ont quelque peu rassurés, mais à quelques jours de la mise en œuvre d’Egalim2, il reste encore beaucoup de sujets à traiter. Nous continuons à travailler et à collaborer dans l’intérêt des éleveurs avec l’interprofession et ses différentes composantes.

Il existe déjà de nombreux articles de presse tentant d’expliciter les modalités d’application (lire ici l’article Web-agri). Le ministère à également publié une foire aux questions, disponible ici.

Déjà dans nos campagnes circulent divers modèles de contrats. Ceux que j’ai pu consulter me paraissent encore incomplets.

Je veux vous adresser un message rassurant. Rien ne sera prêt au 1er janvier. Pour autant, je vous invite à vous emparer de ce dossier, sans vous empresser de signer n’importe quel contrat. Gardez en tête que c’est à l’éleveur d’établir la première proposition de contrat, et cela va dans le sens de la reprise en main de notre facturation. Je note trois exceptions à l’obligation de contractualisation. Lorsque vous êtes adhérent d’une coopérative, celle-ci doit faire figurer dans ses statuts ou son règlement intérieur des clauses de détermination du prix équivalentes à celles imposées dans les contrats, et elle doit vous en informer. À défaut, c’est vous qui avez la main pour lui proposer un contrat. Je vous rappelle également que vos transactions réalisées dans les marchés aux bestiaux, si importants pour notre syndicat, ne sont pas soumises à la signature d’un contrat, au même titre que la vente aux bouchers et la vente directe, ainsi que la vente de reproducteurs où rien n’a encore été défini.

La section Viande de la CR envisage, en collaboration avec des éleveurs qui souhaitent s’investir, de proposer son propre modèle de contrat, mais nous le voulons le plus abouti possible pour qu’il sécurise vos futures ventes. Il doit pour cela s’appuyer sur des indicateurs robustes et représentatifs.

Nous ne sommes pas certains, loin s’en faut, que la contractualisation d’Egalim 2 nous apportera un meilleur revenu, mais en syndicalistes responsables, nous ne pouvons pas tout balayer d’un revers de main. Tous les représentants de la section Viande ainsi que nos collaborateurs administratifs sont engagés dans le processus qui nous est imposé. Nous nous tenons à votre disposition pour tenter de répondre à vos questions.

Stéphane Charbonneau
Responsable section Viande