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Comptes de l’agriculture française – toujours dans l’ornière

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Comptes de l’agriculture française – toujours dans l’ornière

Alors que le gouvernement se fixe pour objectif d’atteindre le plein emploi d’ici 2025 avec son pacte productif, la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) réunie ce matin indique que l’emploi agricole en 2018 est en recul. La Coordination Rurale souligne que c’est malheureusement le cas depuis plus de 10 ans !

La pression sur les prix agricoles empêche toute rentabilité, ce qui amène les agriculteurs à sacrifier de la main-d’œuvre salariée en la remplaçant par leur propre travail. En effet, les agriculteurs travaillent jusqu’à 80 heures par semaine et prennent peu ou pas de vacances. Il y a donc là un gisement d’emplois considérable avec tout ce que cela suppose pour l’économie ou le tissu rural (investissements, services publics…).

La Commission constate également une légère reprise des investissements mais la CR considère ce niveau comme encore très éloigné de celui qui conviendrait pour stopper l’érosion du nombre d’agriculteurs. « Si l’agriculture apportait une rentabilité suffisante il est évident qu’il n’y aurait pas autant de décapitalisation et que les agriculteurs en fin de carrière pourraient éviter l’obsolescence de leurs matériels et installations pour les transmettre à des successeurs au lieu de continuer à alimenter l’agrandissement » rappelle François Lucas, représentant de la Coordination Rurale à la CCAN.

Les statistiques sur le revenu confirment certes les chiffres annoncés en décembre dernier avec une légère hausse (1). Elles confirment aussi l’instabilité installée du revenu des exploitations qui, comme le réaffirmait Philippe Chalmin dans le récent rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges peinent toujours à couvrir l’ensemble de leurs coûts de production.
Et ce n’est pas la signature des accords du Mercosur ou la ratification du Ceta qui apporteront la solution pour sortir le secteur agricole de sa dépression mais, bien au contraire leur rejet et l’institution de l’exception agriculturelle pour remettre en bon état de marche ce qui est toujours le premier secteur productif de notre économie, au bénéfice de la sécurité alimentaire des consommateurs.

Lire les commentaires de la CR dans les différentes productions

(1) cette hausse s’explique par le fait que 2018 fait suite à une année de gel qui avait pénalisé la production viticole, ce secteur à forte valeur pèse lourd dans les résultats.