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Comptes de l’agriculture française : zoom sur les différentes productions

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Comptes de l’agriculture française : zoom sur les différentes productions

Réunie ce matin, la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN)  a indiqué que l’emploi agricole en 2018 est en recul. La Coordination Rurale souligne que c’est malheureusement le cas depuis plus de 10 ans !

Fruits et légumes : la France à la ramasse

En 2018, la production française de fruits et légumes (hors pommes de terre) diminue encore et risque de finir à terme par devenir une production de niche en France. Parallèlement, la production européenne de fruits progresse de 7,5 % (contre -4,9 % pour la France).
Dans ce contexte, le climat ne peut être l’unique raison invoquée pour expliquer cette chute de production. Il devient urgent de reconnaître que la diminution des moyens pour garantir la santé des végétaux (et donc les rendements) tels que les produits phytopharmaceutiques amputent de plus en plus la production française. Par ailleurs, la forte pression exercée par les importations étrangères (avec une concurrence souvent déloyale) met également à mal la production française, entraînant chaque année un recul des surfaces plantées dans les vergers.

Vin : le fer de lance de l’économie agricole française

La campagne viticole 2018 ayant été exceptionnelle en matière de production et de qualité, son chiffre d’affaires et son poids dans la balance commerciale le sont naturellement tout autant.
Ce millésime fructueux ne doit cependant pas faire oublier les précédentes années délicates, minées par les incidents climatiques dont certains ne se sont pas relevés. L’arbre qui cache la forêt. Et la déconvenue des autres productions françaises.

Viandes : des situations inégales mais globalement très inquiétantes

La part des productions animales dans la valeur de la production agricole française diminue. Elles ne représentent à présent plus que 20,2% en 2018 contre 22,2% en 2016.
Sous l’impulsion de la viande bovine, les volumes diminuent. Les aléas climatiques et la décapitalisation du cheptel suite à la dernière réforme de la PAC (consulter notre article à ce sujet) impactent clairement les volumes alors même que la consommation par bilan augmente. Cette végétalisation de l’agriculture française engendre une disparition de l’élevage en zone intermédiaire et un déséquilibre agronomique important.
Si c’est le secteur bovin qui affecte les volumes, c’est indéniablement la chute des prix de la viande de porc (-11,9%), pour la deuxième année consécutive, qui fait diminuer la valeur de la production de viande de près de 400 millions d’euros, à laquelle il faut ajouter une baisse des subventions aux produits de 35 millions d’euros. L’écart entre coûts de production (impactés par une augmentation des prix des aliments et de l’énergie) et le revenu continue de se dégrader.

Lait : la maîtrise des volumes permet de tenir les prix

Après des années de surproduction du fait de la libéralisation des quotas (ayant entraîné un stockage massif des excédents sous forme de poudre de lait au niveau européen), la production laitière française s’est stabilisée de manière globale sur l’année 2018. Cela s’explique notamment par la sécheresse qui a touché une grande partie du territoire et qui a influencé l’affouragement des vaches laitières. La collecte mensuelle, qui a débuté sur les mêmes bases que l’année 2017, a marqué un fort ralentissement à partir du mois de septembre.
En parallèle, la diminution drastique des stocks communautaires de poudre de lait écrémé sur la fin de l’année a permis une revalorisation du prix de l’ordre de +0,8 % pour les producteurs. Pour autant, il convient de s’interroger sur l’impact dans l’effet prix de l’augmentation de la production de lait biologique, qui a progressé de +32,5 % par rapport à 2017 pour atteindre 843 millions de litres (3,5 % de la collecte nationale). Plus généralement, cette légère hausse tarifaire ne reflète ni l’accroissement des coûts de production, notamment ceux concernant les énergies et lubrifiants (ayant atteint un pic exceptionnel en automne – Ipampa > 120), ni les surcoûts liés aux évolutions des cahiers des charges. Cette embellie de la valeur de la production, à l’échelle nationale, de l’ordre de +1,2 % est également à mettre en relief sur l’évolution à l’échelle européenne qui accuse un recul de -1,9 %.

Grandes cultures : faute de prix durablement élevés, la situation reste préoccupante.

Les hausses de prix en céréales (+13 %) et pommes de terre (+53 %) font du bien à la trésorerie mais ne suffisent pas à rétablir la situation des exploitations impactées par les inondations en 2016 : un grand nombre ne s’en sont toujours pas remises !
À cela s’ajoute la plongée du prix de la betterave (-15 %), la fermeture de certaines sucreries et l’accord UE-Mercosur qui impose une concurrence déloyale à notre filière sucrière.
Enfin, les producteurs ont obtenu des rendements décevants en oléagineux (-10 %) et protéagineux (-24 %), conjugués à des prix plutôt bas. Seul le prix du tournesol oléique a décollé, tiré par une forte demande

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