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Billet d’humeur : les chasseurs en quête de reconnaissance ?

Billet d’humeur : les chasseurs en quête de reconnaissance ?

La lecture de l’article paru dans l’Alsace du 28 janvier intitulé “Les chasseurs en quête de reconnaissance” m’a fait bondir.
Si les chasseurs sont en quête de reconnaissance, ce n’est pas avec de tels propos qu’ils auront celle du monde agricole !

Je ne comprends pas pourquoi les éleveurs sont pris pour cible.
Je cite M. Félix : « Par contre, ce que je sais, c’est que les gens ne savent pas ce qu’ils mangent. Qu’est-ce qu’un steak sinon, souvent, la viande d’animaux nourris avec des saloperies, poussés dans le camion vers l’abattoir à coups de bâton et parfois tués dans la souffrance. Ici, le chevreuil meurt sur le coup.»

Je souhaite rappeler à M. Félix que les éleveurs français ont pour préoccupation le bien-être de leurs animaux, et que cela passe également par l’alimentation.

Si M. Félix, en disant « viande d’animaux nourris avec des saloperies » vise le mode d’élevage des animaux au Canada et aux USA, alors qu’il combatte avec nous les traités de libre-échange comme le Ceta ou le Tafta.

Si par « saloperies », M. Félix entend viser les OGM ou les cultures traitées en vert au glyphosate, nous l’invitons à militer aux côtés de la Coordination Rurale pour un rééquilibrage des productions au niveau européen, et ainsi mettre fin à notre déficit en protéines. Ceci permettra notamment de limiter les importations de grains en provenance des Amériques.
A ce sujet, j’espère que les chasseurs donnent du maïs alsacien aux sangliers qu’ils agrainent, et qu’ils n’importent pas du maïs des USA…
Déjà que nous subissons les dégâts, qu’au minimum ces bestioles soient nourries en circuit court !

Et, si par « saloperies », M. Félix se désole de la qualité des fourrages produits dans les vallées alsaciennes, c’est là une conséquence des dégâts de sangliers dont la population n’est pas (suffisamment) régulée.

Enfin, quant aux abattoirs, nous dénonçons les dérives qui sont l’œuvre de personnes mal-intentionnées, qu’il convient de punir.
Mais je ne peux accepter que l’on jette l’opprobre sur une profession entière, qui respecte des normes drastiques, et qui surtout, se bat pour (sur)vivre de son métier !

Au sujet de la régulation, M. Michel Brissinger ajoute : « La chasse est un loisir qui me plaît et son rôle de régulation est important ».
De mon côté, mon métier d’éleveur me plaît et mon rôle de production de nourriture est important. Mais je dois travailler avec les conséquences de la mauvaise gestion des populations de sangliers. La régulation ne devrait pas être vue comme un loisir. Les conséquences économiques directes et indirectes liées aux dégâts aux pâtures ou aux cultures (vigne par exemple : on parle de 28000 € d’indemnités dans le Rangen à Thann pour la seule année 2017 !) ne sont pas, pour nous paysans, un sujet de détente.

Nous attendons des chasseurs qu’ils fassent leur travail de régulation. Cela se passe assez bien sur certaines zones, mais sur d’autres, c’est une catastrophe.
Peut-être faudrait-il mettre en place, comme en Suisse, une part de participation directe des sociétés de chasse dans le remboursement des dégâts…

Philippe Iltis
Président de la CR68



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