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Vers la perte de notre autonomie alimentaire en 2023 : Comment en est-on arrivé là ?

Vers la perte de notre autonomie alimentaire en 2023 : Comment en est-on arrivé là ?

Le mot du président de la CRPL/ Discours d’ouverture de l’AG 2022

Première grave erreur : dans les années 70, la fin de l’indexation des prix agricoles en fonction des charges. Il ne restait que 30 % du chiffre d’affaires dans les exploitations agricoles. À ce moment-là, on assiste au plan Marshall : 9 exploitations sur 10 doivent disparaître avec la complicité de la JAC et la FNSEA. Ce sera la naissance de la FFA.
Résultats ? Pression sur les prix. Ce qui fait augmenter la production à une vitesse hallucinante. Même le gouvernement ne pensait pas à une aussi grande réussite.
La production agricole explose… jusqu’en 1990, avant de se mettre à reculer. Le système est à bout de souffle.

Deuxième grave erreur : la PAC 92, des primes à l’hectare et aux bovins (on avait alors un vivier d’un million de jeunes). Résultat ? La production repart, ce qui a provoqué une concurrence déloyale d’où l’immigration et la perte d’autonomie alimentaire de nombreux pays.

En 1992, la Coordination Rurale naît et propose, au lieu de cette mondialisation destructrice de la ruralité, « l’exception agriculturelle » fondée sur la régulation des marchés. Les produits alimentaires ne doivent pas entrer dans l’OMC.

Qu’est-ce que l’Europe et la France recherchaient ? Exporter de la nourriture pour acheter les énergies fossiles ?

Un exemple : les quotas laitiers, il fallait laisser les prix monter tous les 5 ans en fonction de la demande et on a bloqué le prix à 300 euros la tonne.
Aujourd’hui, le lait serait à 600 euros la tonne et on aurait 150 000 producteurs, on en avait 400 000 en 84 et ils nous en restent 40 000 aujourd’hui.

En mes 40 ans de carrière, les prix agricoles n’ont pas bougé, les charges ont été multipliées par 3 et l’immobilier par 20.

On arrive à la fin du système, la production s’effondre partout et pas seulement en France. Maintenant que les erreurs sont faites, il faut réparer sinon c’est le crash alimentaire. Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre.
La CR avait vu juste, il se crée un désert rural et la perte de notre autonomie alimentaire.
Il faut que l’on prenne l’affaire en main en installant des jeunes. Avec la montée des prix, ils vont avoir davantage de valeur ajoutée. Le système de l’investissement est révolu.

Il faut diminuer les charges sociales et les impôts. L’argent que les jeunes gagnent, il faut leur laisser « tout travail mérite salaire et aussi tout salaire mérite travail ». Quant à ceux qui vont détruire les outils de travail des autres, il faut leur supprimer les aides, il faut aussi se faire respecter. Autrefois, celui qui produisait le pain était béni, aujourd’hui il est banni. Il faut que nos services redeviennent des services et non des polices.
Nos animaux ne sont pas responsables du réchauffement climatique. Ils étaient là avant nous, pas comme les avions, voitures, industries, etc, créé par l’Homme. Ils disent qu’il y en a de trop, mais les mêmes crient à la catastrophe quand 40 % des mammifères sauvages ont disparu de la planète.

Ces « escrologues » qui ne sont que des businessman financiers veulent que nous produisions de la viande artificielle contre-nature qui va finir d’achever nos campagnes au risque d’anéantir l’Humanité. On a bien vu la flambée de l’énergie après le désastre des éoliennes. Pour arrêter le réchauffement climatique, il faut reverdir la planète. Tout le carbone des énergies fossiles peut être absorbé par le végétal. « Rien ne se crée, tout se transforme ; le carbone c’est l’humus ; plus il y a d’humus, plus il y a de vie. Un sol sans nature organique n’a plus de vie, plus d’herbes, plus d’arbres, etc.
Pour cela, il faut aussi de l’eau, « la stocker l’hiver pour l’été », revenir à l’exception agriculturelle, produire nos protéines végétales, laisser les pays pauvres produire la leur et ne leur venir en aide que s’ils en ont besoin, mais pas à des prix inférieurs à leurs coûts de production.

Je vous le répète, la CR avait vu juste, il faut que nos idées se réalisent. J’ai donc espoir pour nos jeunes. Maintenant, on a un travail conséquent pour réussir à éviter le pire. Je suis très heureux d’être à la Coordination Rurale et je ne regrette en rien notre parcours. Nous avons toujours défendu l’intérêt des agriculteurs et non des intérêts financiers comme la FNSEA. Je les plains si ça finit mal. Comme je vous l’ai dit auparavant, « ce ne sont pas ceux qui créent les problèmes qui vont les résoudre ».
On peut être fier d’être à la CR, vive la CR !

Daniel Pavageau
Président de la CRPL