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Soigner ses betteraves, c’est bien ; être rémunéré, c’est mieux !

Soigner ses betteraves, c’est bien ; être rémunéré, c’est mieux !

Ce mardi 6 octobre 2020, les députés ont voté en faveur d’une loi autorisant des dérogations à l’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes jusqu’au 1er juillet 2023. Les producteurs de betteraves de la Coordination Rurale saluent cette décision, mais alertent sur le fait qu’elle ne permettra pas à elle seule de combler les pertes de cette année, et d’éviter la disparition des producteurs et la fermeture des sucreries françaises.

La CR demande la mise en place d’une aide directe d’urgence à la filière betteravière

« Les sujets liés à l’écologie, à l’environnement, à l’alimentation, et à la lutte contre le réchauffement climatique prennent aujourd’hui une part importante dans les débats sociétaux, et c’est plutôt une bonne chose. Mais laisser disparaître la filière sucrière française pour importer des matières premières qui ne correspondent pas à nos normes, est contraire aux attentes sociétales » explique Jean-Paul Vuilliot, responsable de la section Betteraves de la CR.

Afin de pérenniser la filière sucrière française, il est impératif de compenser les pertes dues aux décisions politiques passées. Le syndicat demande que ministère de la Transition écologique, acteur majeur de la suppression des produits phytosanitaires, participe financièrement à une aide d’urgence destinée à combler les pertes de cette année.

 

Les acheteurs de sucre doivent payer le sucre à un prix rémunérateur

La Coordination Rurale demande au gouvernement de faire en sorte que les acheteurs du sucre (Coca-Cola France, Danone, Nestlé, Teisseire…) payent la matière première à un prix qui permet la rémunération des producteurs.
« Le puceron vert n’est que l’arbre qui cache la forêt. Les prix des betteraves payés aux producteurs ont été divisés par deux en dix ans à cause de la politique de libre-échange. Malgré la loi EGA, nos relations commerciales avec les industriels se sont considérablement dégradées. Ma coopérative n’indique toujours pas le prix d’achat dans les contrats, elle a même instauré des pénalités abusives. On nous force à produire à perte. » alerte Damien Brunelle, président de France Grande Culture, section grandes cultures de la CR.

 

L’interprofession betteravière : un outil pour relancer la filière

Pour la Coordination Rurale, les difficultés de la filière betteravière proviennent de son organisation et de son fonctionnement. Le gouvernement doit faire en sorte que l’interprofession betteravière fonctionne mieux. L’Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre (AIBS) doit devenir représentative de tous les planteurs pour pouvoir avoir un rôle fédérateur. Pour pérenniser la filière sucrière française, l’interprofession doit pouvoir établir un cadre contractuel qui permette la rémunération des producteurs.
Le producteur coopérateur ou non, doit être libre d’implanter ses betteraves en fonction du prix proposé dans son contrat, et cela avant l’emblavement.

«  Les contrats sans prix ne peuvent plus être la norme dans la filière betteravière. Le producteur coopérateur ou non, doit être libre d’implanter ses betteraves en fonction du prix proposé dans son contrat, et cela avant l’emblavement », martèle Christophe Sichnknecht, administrateur de la CR10, avant de conclure : « Le système coopératif français doit être réformé. Pendant encore combien de temps les producteurs ayant investi dans leur coopérative sucrière seront moins rémunérés que les planteurs travaillant avec des groupes privés ? »