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Santé du végétal : l’État se désengage toujours plus

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Santé du végétal : l’État se désengage toujours plus

La méthode a déjà fait ses preuves : il s’agit dans un premier temps de faire dysfonctionner le système en supprimant des financements pour justifier petit à petit la suppression totale, partielle ou le remplacement du dispositif…

Il s’agit cette fois de la surveillance biologique sur le territoire. Ce dispositif, qui permet notamment de générer les bulletins de santé du végétal (BSV), aide les agriculteurs à adapter les méthodes de lutte contre les nuisibles, comme par exemple les méthodes de lutte intégrée via des coccinelles.

L’ordre du jour du dernier Conseil national d’épidémiosurveillance (CNE) du jeudi 17 décembre était de définir la trajectoire et l’objectif de la surveillance biologique sur le territoire. Nous n’imaginions pas que la trajectoire proposée par la DGAL conduisait directement dans le mur ; en effet, il s’agissait du dernier CNE.

Alors que la DGAL rappelle que la surveillance biologique sur le territoire doit garder une place prépondérante dans Ecophyto, elle indique que l’épidémiosurveillance sera désormais entre les mains du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale qui, comme le rappelle la CR, n’a jamais le temps de traiter ce sujet.

Alors que les bulletins de santé végétale avaient déjà pris du plomb dans l’aile, ils ne seront maintenus que pour les couples « organismes nuisibles/cultures » à fort potentiel Ecophyto. Autrement dit, s’il n’y a pas de baisse de traitement possible, les agriculteurs n’auront plus aucune information !

Cerise sur le gâteau : après avoir perdu 2 millions d’€ à son budget, la surveillance biologique sur le territoire perd cette année 400 000 €.

Il faut noter nous sommes passés de 420 000 observations en 2017 à 181 000 en 2020. Comment obtenir une surveillance fiable ?

La DGAL souhaite une articulation plus forte entre la surveillance biologique du territoire et la surveillance des organismes réglementés ainsi que celle des organismes nuisibles ayant un impact sur la santé humaine.
La DGAL prône une cohérence d’action, mais pour CR/Audace il s’agit d’un désengagement de l’État faisant porter la responsabilité sur les opérateurs.

La CR souligne que c’est le même problème pour la loi de santé animale :
– désengagement total de l’État
– report sur les opérateurs de la filière,
– passage en force de la DGAL qui n’écoute même plus les contributions et qui fait passer les directives par ordonnances.