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Premier bilan des vendanges pour 2020

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Premier bilan des vendanges pour 2020

Cette année, les vendanges ont été variables d’une région à une autre. Pression fongique, grêle, sécheresse… plusieurs cas de figure se présentent selon les régions. Voici un premier bilan des vendanges en France :

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

Loire – Côtes du Rhône

La récolte est correcte en rouge mais certains cépages en blanc, comme les marsannes et roussannes, ont souffert de la sécheresse.
En cette fin d’année, nos salons vont se transformer en drive sur les parkings ou seront purement annulés. Des portes ouvertes étaient prévues avec un certains nombre de contraintes mais leur maintien semble compromis compte tenu du reconfinement.
Les cavistes commandent bien, certainement pour combler l’absence de salons dans certaines régions, ou peut-être ont-ils devancé le nouveau confinement !

Drôme – Côtes du Rhône

La récolte 2020 est d’excellente qualité. Malgré tout, de nombreuses exploitations ont été surprises par des rendements inférieurs aux précédentes années.
Touchée par un épisode de grêle dévastateur en 2019, l’année 2020 sera bien sûr meilleure pour l’appellation Crozes-Hermitage.
Globalement, les fortes chaleurs des deux dernières années ont pour conséquence une faible pression sur l’état sanitaire de la vigne.
Enfin, il est observé depuis plusieurs années une hausse régulière du degré alcoolique des vins.

Beaujolais

La qualité est présente cette année. Pour ce qui est de la quantité, la situation est hétérogène. Les secteurs précoces ont eu un moins bon rendement puisque les grappes ont séché et sont tombées avant les vendanges. Pour les secteurs tardifs, le rendement était bon.
En ce qui concerne les marchés, il y a quelques tensions avec un négoce qui fait baisser les prix en dessous des 200 €/hl. L’ODG (Organisme de défense et de gestion) et les syndicats ont pris en main le dossier et se sont associés pour une action commune.

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ

Jura

Avec environ 2 à 3 semaines d’avance, les vendanges se sont déroulées avec le beau temps. Les volumes sont corrects mis à part pour les parcelles situées sur un sol séchant. La qualité est très bonne, beaucoup de parcelles se situaient à plus de 13 degrés. Les conditions de récolte étaient bonnes également et les machines à vendanger ont pu accéder partout, y compris sur les coteaux escarpés.
Des irrégularités de maturité sont observables sur certains rouges en raison d’une surcharge. On peut espérer un beau millésime mais il faut encore attendre pour se prononcer sur les vins blancs de garde et les vins jaunes. La profession a demandé une dérogation pour le pressurage des raisins destinés au vin de paille. Le dessèchement prématuré de ceux-ci a permis d’atteindre des taux élevés de sucre (350 g/litre).

Saône-et-Loire

La récolte est bonne récolte qualitativement mais il y a une baisse de 40 % en maconnais sur les blancs et de 50% sur les rouges. Cette baisse est principalement liée à la sécheresse.

CENTRE

Indre-et-Loire

Le rendement moyen est à 60 hl/ha. Cependant, il y a une baisse du prix des moûts de 10 à 15 % et donc une baisse du revenu à l’hectare.

CORSE

Les vendanges se sont finies très tôt en Corse. Tout le monde a ramassé vers la mi-août, sans degrés. En conséquence, tous les libres-services ont fait rentrer des palettes de sucres, sinon, les apporteurs allaient dans les caves viticoles. En Corse, il est interdit de chaptaliser les moûts ou les vins.
Concernant les vendanges purement, les raisins étaient sans matière, beaux mais pas de jus !

GRAND-EST

Alsace

Les vendanges du millésime 2020, ont été belles et joyeuses, sans pépins au sens propre, comme figuré… Ce n’était pas gagné, car elles étaient aussi à risque élevé et donc encadrées par des mesures sanitaires nouvelles, dues au post Covid-19. Toute la famille viticole s’est montrée responsable pour assurer ce nouveau challenge.
Le bel adage « aide-toi, et le ciel t’aidera » est en vigueur car, contrairement aux autres professions, qui ont été aidées par l’État, le viticulteur n’a eu que la possibilité de faire un prêt (à rembourser ultérieurement), aucune aide sur ses charges patronales, ni les pertes d’exploitation.

Aube

En Champagne, le rendement maximum autorisé a été divisé en 2 parties. Une partie est soumise aux ventes de l’année 2020 et ne pourra donc pas être mise en bouteille en 2021, ni payée par les acheteurs. Les décisions ont été tardives (à seulement quelques jours des vendanges).

NOUVELLE-AQUITAINE

Bergerac

Pour les blancs secs, la récolte est 10 à 15 % inférieure à la normale, pour les moelleux c’est encore plus faible (s’il y a des vignerons qui ont une récolte correcte, beaucoup sont à moins 40 %) et pour les rouges il y a une baisse de 30 à 40 %.
Les raisons de ces baisses de récolte sont le gel de printemps, quelques passages de grêle, la sécheresse et, pour beaucoup en agriculture biologique, les maladies : mildiou et oïdium. Dans l’ensemble on devrait être entre – 25 et – 30 %.
Sachant que les stocks sur l’ensemble sont bas, il va falloir jongler pour fournir les marchés traditionnels.
Les demandes en Bergerac se maintiennent et c’est la 2e année que ce secteur est déconnecté de la problématique Bordeaux. D’ailleurs une des caves coopératives ayant des vins Bordeaux et des vins Bergerac, manque de Bergerac pour ses marchés et n’a pas vendu 1 litre de Bordeaux.

Charente

Les uns font de très bons rendements et d’autres des des moyens. Dans la globalité, l’année est correcte, le seul souci est que les températures ont rendu les vendanges et la vinification plus difficiles. La qualité est à voir une fois que la distillation sera faite.

OCCITANIE

Gard

Le rendement est un peu plus faible par rapport à l’an passé suite au gel du printemps et à la grêle. Par contre, la qualité est excellente. Les interrogations sont pour la commercialisation notamment les partenariats avec la restauration.

Hérault

Globalement une belle récolte, en quantité et en qualité.
Un épisode mildiou assez sévère dans certains secteurs qui ont subi une forte baisse de récolte. En contre-partie, d’autres secteurs non irrigués ont eu des pluies au bon moment, et ils ont donc augmenté de 30-40 % le rendement.

Aude-Minervois

Le printemps bien arrosé et ensoleillé laissait espérer une très bonne récolte. Elle aura finalement été juste bonne, comparable à 2019 en quantité, mais à priori plus qualitative. Les longues semaines de canicule qui ont touché le reste de le France n’ont pas été aussi intenses en Languedoc. Et quelques nuits fraîches de fin-août ont permis au vignoble de garder un bon état physiologique jusqu’aux bonnes pluies de début septembre que certaines régions n’ont pas eu la chance d’avoir.

Les défis à venir sont donc bien sur le plan commercial. Parmi les différents circuits de distribution de la filière, certains tirent très bien leur épingle du jeu, et d’autres calent totalement. Il semble qu’en la matière, la survie des entreprises soit très secondaire, et la viticulture n’est même pas la plus à plaindre !

Pyrénées-Orientales

L’année est catastrophique avec une baisse de rendement de 80 % liée au mildiou. La qualité est moyenne.

PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR

Bouches-du-Rhône

Dans le coteau d’Aix, la récolte est très importante et la qualité est correcte. L’état sanitaire était également très bon. La principale difficulté a été de mener les raisins à maturité car les vignes étaient très chargées.

Var

Dans le grand Ouest du département, la situation est moins catastrophique que prévue. Le gel et la grêle ont eu un impact chez certains, mais les secteurs non touchés ont pu compenser. Dans les secteurs non impactés, la récolte et la qualité sont très bonnes. L’impact de l’irrigation a encore fait la différence cette année. Elle a permis d’avoir une vigne qui ne souffre pas et qui fait de fait du bon vin.

Vaucluse

Pour les viticulteurs du Vaucluse, c’est clairement une année en demi-teinte. Les récoltes ont été plutôt bonnes, notamment dans la haute vallée du Rhône. En revanche, il y a eu plusieurs intempéries pendant l’année, d’abord le gel, puis la grêle, ainsi qu’un épisode de sécheresse dans certains coins. Et puis, au milieu de tout ça, le Covid-19. Même si la saison est meilleure que l’année dernière, cela aurait pu être encore mieux sans tous ces aléas climatiques.
Depuis quelques années, l’augmentation des degrés alcooliques est impressionnante. Les degrés sont trop hauts et trop tôt dans la saison. Cette année, les vendanges ont commencé à la mi-août, c’est bien trop tôt… Le problème vient des cépages que l’on nous impose, ils produisent de façon homogène et linéaire. Cela donne des vins uniformes, difficiles à vendre, à parcellariser et qui ne se démarquent pas. De plus, il est de plus en plus difficile de faire du vin quand on est dans une appellation, car on doit respecter certaines « règles » imposées par l’INAO. Cet institut n’entend pas qu’on a besoin d’une marge d’adaptation, notamment dans les assemblages. Ce n’est pas pour tromper le consommateur, c’est simplement pour arriver à faire un vin de qualité, qui corresponde à la typicité de notre terroir.