Alain Queyral, vice-président de la Coordination Rurale de Dordogne et membre de la section viticole de la Coordination Rurale (CR), a été auditionné le 7 mars dernier, par Sylvain Carrière, député de l’Hérault, et Eric Girardin, député de la Marne, les co-rapporteurs de cette mission d’information sur la stratégie de marché pour la filière viticole. La CR a indiqué qu’actuellement les négoces ont tendance à vouloir tirer les prix vers le bas, au détriment de la qualité des vins, ce qui est fortement préjudiciable pour les viticulteurs.

 

Une demande de prix pour le bonheur des importations

Les objectifs du négoce sont clairement du volume à bas prix, sans tenir compte des différentes qualités de productions. Un vin AOP est facilement remplacé par un IGP ou VSIG, dans les rayons de la distribution. Pour ce faire, les importations espagnoles ou italiennes à bas prix servent la baisse des prix et saturent un marché déjà en grande souffrance par une demande trop faible. Autant pour un vigneron l’export est complexe et doté de contraintes administratives, autant les importations négoces sont simplifiées et facilitées.

 

Quid des prix planchers ?

Les prix planchers ne viendront pas résoudre le problème pour la viticulture dans la mesure où les coûts de production connus ne freineront pas les importations à bas prix. Il est temps de reconnaître et récompenser la qualité des produits français sans amalgames avec un produit étranger ne répondant pas aux mêmes valeurs de production. Nous ne pouvons pas demander à un viticulteur d’avoir un vin de meilleure qualité, et donc plus coûteux à produire, mais de le vendre à bas prix. Les prix rémunérateurs sont indispensables.

 

Une simplification administrative indispensable

Les contraintes pour pouvoir exporter (orientées vers les PME) sont trop complexes pour un vigneron et quasi-impossible à suivre. Les contrôles sont de plus en plus nombreux et complexes… Il est ainsi important et nécessaire de simplifier l’ensemble des règles administratives que peuvent connaître les agriculteurs. Beaucoup de modifications administratives peuvent d’ailleurs être réalisées, il suffit juste de faire preuve de bon sens et qu’il y ait une volonté politique.

 

Agriculture biologique, protection du vignoble, publicité sur le vin…

L’agriculture biologique n’est pas la solution non plus dans la mesure où il s’agit d’un marché de niche. La tendance est à la baisse de consommation et, par conséquent, au déclassement des vins. La situation actuelle étant très complexe, il ne faut pas envoyer les viticulteurs dans le mur en les incitant à se convertir.

Le vin est reconnu comme bénéfique pour la santé, lorsqu’il est consommé avec modération. En France, patrie des grands crus, les viticulteurs ne peuvent pas faire la promotion de leur vin selon la loi Evin. Pour la CR, il est nécessaire de prendre du recul. Distinguer l’information de la publicité est essentiel pour le secteur viticole français et cela n’induit pas de risque majeur pour la population. En matière de vin, la santé publique passe par une communication plus équilibrée. Il faudrait procéder comme en Espagne où le vin est considéré légalement comme un aliment ce qui permet d’en faire la promotion.

Lors de cette audition, la CR a aussi pu aborder :
• la protection du vignoble, la recherche variétale et la suppression du CSP pour revenir à de vrais techniciens d’accompagnement de production ;
• La vente directe et l’organisation des coopératives de Bergerac et la mise en marché collective ;
• la répartition des marges entre les coopératives, les négociants et les distributeurs ;
• le choix de règles environnementales qui pénalisent la production et le revenu.

Les députés ont bien pris note de ce que la CR a pu mettre en avant, en espérant que cette mission d’information fasse apparaître les véritables problèmes de la filière viticole et aboutissent à des décisions concrètes.

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