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Plan pollinisateurs : la CR 72 lance l’alerte

Plan pollinisateurs : la CR 72 lance l’alerte

Juste Lhuissier (président de la CR72) et Félicie Ross (membre du CA) se sont entretenus ce jeudi 4 février avec les collaborateurs parlementaires du député Damien Pichereau, Auriane Rezé-Duclos, collaboratrice chargée des relations en circonscription et David Ouzilou, collaborateur en charge du législatif.
Cet entretien avait pour but de discuter du plan pollinisateurs après un courrier envoyé par la CR 72 au député.

Le plan pollinisateur

Pour rappel, le plan pollinisateurs tourne autour de quatre axes :
• amélioration des connaissances du déclin des pollinisateurs ;
• leviers économiques accompagnant les pratiques favorables (PAC, plan de relance) ;
• lutte contre les agresseurs de la ruche (frelon, Varroa) ;
• les épandages.
Concernant ce dernier axe, les conclusions de l’Anses publiées en 2018 viennent modifier l’arrêté de 2003. Pour le ministère, il s’agit d’appliquer ces conclusions, tout en restant cohérent avec les pratiques de terrain. Cela implique l’interdiction des épandages de tous produits phytosanitaires durant la période de floraison. Seuls ceux portant la mention « abeille » auront une autorisation d’épandage nocturne et jusqu’à trois heures après le coucher du soleil.

La position de la CR

La CR 72 a exposé sa position sur ce plan en insistant sur le fait que celui-ci n’est pas réalisable ni économiquement, ni socialement. Le travail de nuit est dangereux et risque d’envenimer les choses avec les riverains. Ce plan va accentuer les distorsions de concurrence avec les voisins européens et au-delà et il méconnaît le fait que parfois les agriculteurs ne disposent que de quelques heures pour intervenir.
De même, Juste Lhuissier a mis en avant son expérience, et notamment le fait qu’il travaille à côté d’un apiculteur et que tout se passe bien. Il a également relevé le fait qu’en grandes cultures, la culture de colza va poser problème car il est essentiel de traiter durant la floraison. De même, il est ridicule d’interdire le traitement lors de la floraison de la vigne car ces fleurs ne sont pas mellifères.

La CR72 a néanmoins rappelé qu’elle est ouverte à toutes alternatives à ces traitements, du moment qu’elles soient concrètes et viables. Malheureusement, actuellement il n’en existe pas.

Conclusion de l’entrevue

Les collaborateurs parlementaires de Damien Pichereau ont compris le point de vue de la CR72. Ils se sont rendu compte que ce plan est techniquement impossible et économiquement préjudiciable.
Néanmoins, ils ont clairement indiqué qu’il ne faut pas se faire d’illusions et que le décret va sûrement passer. Ils se sont cependant engagés à ce que Damien Pichereau transmette les arguments et incohérences de ce plan à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.