Une démarche collective

En collaboration avec la Confédération paysanne de l'Ariège et l'association des pâtres de haute montagne, Yann de Kérimel, président de la Coordination Rurale de l'Ariège, a participé à la rédaction d’un communiqué concernant la tenue d’une « mission d’expertise ours ». En voici l’intégralité : « C'est une situation d'extrême urgence qui prévaut aujourd'hui ; les ours n'ont pas attendu le début de la mission d'expertise pour attaquer les troupeaux dans le Couserans dès la mi-avril. Les éleveurs ne sont pas dupes et répètent que pastoralisme et présence des grands prédateurs sont incompatibles ! À la lecture de la lettre de mission, nous rappelons ici à la mission d’expertise ours : que nous n'acceptons pas la réintroduction des prédateurs menée depuis 1996 au mépris des populations concernées, qui vivent et travaillent sur le territoire, que nous refusons par avance que les auditions menées dans le cadre de cette mission puissent être utilisées au titre de l'obligation de consultation des populations concernées, avant toute réintroduction, comme prévu à l'article 22 de la directive Habitats, que l'amélioration de la situation économique du pastoralisme n'aura aucune incidence sur la prédation et son acceptation. Nous rappelons que la situation vécue depuis plus de 20 ans est intolérable pour les éleveurs et les bergers et plus globalement pour les territoires. Et ce malgré les efforts effectués, les risques pris parfois, par celles et ceux qui vivent, élèvent et gardent leurs troupeaux en présence des ours. Quels risques prendront encore certains lors de cette prochaine saison d'estive ? Nous rappelons également la loi à la mission : l'article L113-1 du Code rural dans lequel « en conformité avec les dispositions des traités instituant la communauté économique européenne, le gouvernement, reconnaissant ces rôles fondamentaux de l'agriculture, du pastoralisme et de la forêt de montagne, s'attache à : (…) 8° Assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l'ours dans les territoires exposés à ce risque. Nous demandons à la mission de traiter les vrais problèmes liés à la présence des prédateurs : les dommages aux troupeaux, la perte de biodiversité induite par l'ensauvagement des espaces pastoraux, la sécurité des personnes en montagne. Quelle vision à moyen terme pour nos territoires ruraux de montagne ? Nous appelons la mission d'experts à étudier toute proposition permettant au gouvernement d'assurer la sécurité des troupeaux et des personnes dans les Pyrénées au regard de la prédation, ainsi qu'il en a l'obligation, et nous lui rappelons que les mesures de protection sont soit inapplicables dans nos territoires, soit irrémédiablement inefficaces, soit en contradiction avec le bien-être animal. Et ce dès à présent, pour la saison d'estive 2018. »

Rencontre avec la DDT

Yann de Kérimel, a également rencontré dernièrement le nouveau directeur de la DDT, Frédéric Novellas, qui a été très à l’écoute des propositions de la CR sur le sujet. Qu’il s’agisse du droit à la défense des troupeaux, ou du principe de prix rémunérateur, M. Novellas s’est montré ouvert à la discussion et aux arguments du président de la CR Ariège.

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