Première rencontre pour Edouard Legras, nouveau président de la Coordination Rurale du Loir-et-Cher, accompagné de son vice-président, Stéphane Hubert, ce 24 janvier, avec François Pesneau, préfet du département. Daniel Ramelet, directeur de la DDETSPP (Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations) et Patrice François, directeur adjoint de la DDT (Direction départementale des territoires) étaient également présents. Une réunion chargée puisque de nombreux sujets agricoles ont été évoqués comme le zonage Natura 2000, les contrôles de l’Office français de la biodiversité, l’irrigation ou encore les dégâts de gibiers.

1er thème : Natura 2000

Toute la Beauce blésoise est concernée par la catégorisation Natura 2000. Une épée de Damoclès plane au-dessus des agriculteurs qui peuvent, un beau matin, découvrir que leur exploitation est passée en zone Natura 2000 avec toutes les contraintes que ça implique et dont on ne sait, au final, pas grand chose car l’information est très peu relayée bien qu’il s’agisse de zones parfois immenses. Difficile pour un jeune par exemple de s’installer sur un territoire sans visibilité sur l’avenir. Lorsqu’on demande au préfet s’il est possible d’avoir un délai pour procéder à ces décisions de catégorisation il répond que le Gouvernement a déjà laissé 6 mois, qui courent depuis novembre 2022. Résultat : il ne reste plus qu’un peu plus de deux mois aux agriculteurs pour se préparer !

En ce qui concerne l’usage des phytos, le préfet assure qu' »il ne pense pas que l’on arrivera au scénario où tous les phytos seront interdits du jour au lendemain ». Il se réserve d’apprécier sur place s’il peut ou non autoriser leur utilisation. Il se veut « le garant de l’équilibre entre la nature, les environnementalistes et les agriculteurs ». Il ajoute qu’il pense que « les agriculteurs sont en train de changer, mais l’image des agriculteurs ne change pas aussi vite. »

Le représentant de la DDT précise, quant à lui, que « l’idée générale en zone natura 2000 est de protéger la faune et la flore ici surtout les oiseaux. Ce qui a été pré-identifié pour contractuellement laisser la main au préfet de le lui laisser décider sur ces décisions. »

Réponses inquiétantes selon Edouard Legras qui ne rassure pas du tout quant à l’avenir des agriculteurs dans ces zones.

Sujet 2 : Contrôle OFB

En ce qui concerne les contrôles de l’OFB, notamment sur l’utilisation de l’eau, l’élu CR déplore qu’ils soient systématiquement armés. Ne pourraient-ils pas être plus pédagogiques que répressifs ?

Selon le Préfet, la question vient trop souvent sur le bureau du procureur. Des amendes simples seraient certainement plus efficaces et éviteraient des procédures lourdes. La DDT approuve des contrôles pédagogiques qu’on pourraient anticiper et qui permettraient de limiter les contraventions. Le Préfet insiste toutefois sur les contrôles en termes de légalité. Si l’interdiction est claire comme pour l’usage de tel ou tel produit, il faut s’en tenir à la loi. Par contre, lorsque la réglementation est nouvelle, il conseille la bienveillance et la pédagogie.

3eme sujet – L’eau :

La CR a ensuite questionné le Préfet sur la question cruciale de l’eau. Entre deux exploitations situées à quelques dizaines de km mais pas dans la même section, les décisions concernant les restrictions sur l’utilisation de l’eau ne sont pas les mêmes. C’est difficile de suivre !

Le représentant de l’État admet : « Je le dis et je suis honnête il n’y aura plus d’eau sans les barrages. Ceux qui refusent une gestion efficace de l’eau seront pénalisés.  » Il prend l’exemple des bassines vendéennes qui ont permis l’amélioration de l’alimentation des cours d’eau et des nappes phréatiques.

Il ajoute : « Par rapport aux décisions sur certains secteurs, en effet les mesures étaient mauvaises, pour les maraichers par exemple. Nous avons appris et cette année nous ferons différemment si la situation se représente. Concernant les prélèvements des nappes, tout prélèvement a une conséquence. Exemple, dans une ville du Loir et Cher suite au manque de pression sur les réseaux qui a vu ses sols s’écrouler. »

Quant à la DDT, elle concède qu’il n’y a pas de stratégie aujourd’hui : « On fait avec le changement climatique. « 

Stéphane Hubert, vice-président de la CR 41, Loir-et-Cher rappelle à son tour que « tout le monde doit se remettre en cause. « 

4eme sujet : les dégâts de gibier

Pour conclure la rencontre tripartite, Edouard Legras fait remarquer l’augmentation des dégâts de gibiers, en l’occurrence du sanglier, dans le Loir-et-Cher. Quelles sont les mesures mises en places par le préfet pour contrer ça dans les années à venir ?

Le préfet indique qu’il est bien au courant du sujet et que, sur le sanglier, il essaie de faire le maximum. Le Loir-et-Cher est dans le TOP10 des départements qui effectuent des prélèvements en France. Cette année, il y a un peu moins de sangliers en liberté et moins de dégâts que les années précédentes car il y a eu une augmentation des prélèvements. 31000 cette année.

Il reconnait que peut-être les prélèvements ne sont pas effectués au bon endroit par rapport aux risques sur les exploitations et qu’il y a toujours les battues administratives organisées certaines fois à la demande des agriculteurs. De plus, la suppression de l’agrenage de l’hiver ne semble pas donner de résultats. Agrener par endroit c’est du nourrissage selon le préfet.

D’autres piste sont évoquées. Piégeage, tir à la banderole, tirs de nuits … Mais le préfet n’a pas encore tranché.

Une autre rencontre est prévue avec le préfet en avril, cette fois ci, sur une exploitation agricole pour continuer d’aborder ces sujets.

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