La France s’oppose à la prolongation des restrictions d’importations des céréales ukrainiennes en Europe, mais cette généreuse position du gouvernement fait craindre de nouvelles difficultés pour les agriculteurs français tant les distorsions de concurrence avec ce pays sont énormes.

Depuis avril, 5 pays de l’Europe de l’Est (Pologne, Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Slovaquie) ont été autorisés à ne pas commercialiser sur leur sol les cultures importées d’Ukraine (blé, maïs, tournesol, colza). Cette autorisation, possiblement reconductible, est valable jusqu’en septembre 2023.

D’après Intercéréales, depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, près de la moitié des céréales ukrainiennes ont été redirigées et exportées vers l’Europe (contre 5 % auparavant), et ces exportations se sont accrues depuis la fermeture du corridor de la mer Noire. Les producteurs français ont ainsi essuyé la baisse des prix d’achat du blé et ce n’est pas pour aujourd’hui continuer dans le même sens ! France Grandes Cultures rappelle que ces importations mettent à mal les agriculteurs français en créant des distorsions de concurrence avec une agriculture tellement différente du modèle familial français. On peut également s’interroger sur la traçabilité et le devenir de ces denrées en transit… Car il convient de souligner qu’en 2019 l’Ukraine a été épinglée par l’ONU pour l’utilisation de produits phytopharmaceutiques (PPP) de contrefaçon ou prohibés (25 % des PPP tout de même).

De plus, il est compliqué pour les agriculteurs de se projeter dans l’avenir, avec une Union européenne dont les politiques sont de moins en moins communes et harmonisées : après une PAC renationalisée, voici une politique commerciale sectorielle « à la carte », différente selon les zones.

Il faut aussi ajouter que la FNSEA, sous couvert de défendre la sécurité alimentaire mondiale et la circulation des exportations ukrainiennes via les corridors de solidarité, fait peser sur les agriculteurs français la crainte d’une baisse des prix du blé. N’oublions pas que le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, préside également le groupe Avril, géant des huiles, fabricant de biocarburants et d’aliments pour les animaux. Avril a vu son bénéfice augmenter de 45 % l’an dernier. Ne vous détrompez pas : la FNSEA ne vous défend pas !

Pour rappel, FGC lutte contre les distorsions de concurrence et condamne les importations de produits agricoles ne respectant pas les normes françaises !

Source : https://www.coordinationrurale.fr/les-communiques-de-presse/importations-toxiques-la-cr-demande-lapplication-de-la-loi/

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