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Les protéines animales dans l’alimentation des porcs sont-elles vraiment la solution ?

Les protéines animales dans l’alimentation des porcs sont-elles vraiment la solution ?

La commission européenne vient d’autoriser les protéines animales dans l’alimentation des volailles et des porcs. Il sera donc permis d’alimenter volailles et porcs avec des farines de monogastriques (valables également pour les insectes et le collagène issu de ruminants), en inter-espèce.

Les porcs, comme les sangliers, sont certes omnivores par opportunité mais la « viande » qu’ils pourraient ingérer à l’état sauvage ne constitue qu’un complément d’une large dominante végétale. Aujourd’hui, les porcs d’élevage sont essentiellement nourris avec des céréales.
Si les fabricants d’aliments rajoutent des protéines animales dans la nourriture des porcs, tout doit être transparent et prévu en amont.

En effet, à quelles conditions les farines seront ajoutées ? De quelles manières ? Avec quelles garanties pour l’éleveur, notamment d’un point de vue sanitaire et sociale ?
De même, quels seront les avantages pour les éleveurs de porcs ? Ce sont eux qui seront exposés si un scandale devait exploser du côté des consommateurs.

Même s’il s’agit de farines issues de déchets d’abattoirs et non d’équarrissage et donc, initialement, destinées à l’alimentation humaine, un travail devra être fait pour s’assurer de l’acceptation sociale de cette pratique. De même, des preuves de l’intérêt financier pour les éleveurs devront être avancées. La profession s’est elle-même ajoutée de nouvelles contraintes avec le cahier des charges « Le Porc Français ». Va-t-on en plus être obligé d’accepter le retour dans l’alimentation de nos animaux d’une protéine qui est à l’origine du plus grand scandale de la fin du siècle dernier ?

La question à se poser est : pourquoi voudrait-on introduire des farines animales dans l’alimentation des porcs et des volailles ? Est-ce à cause de l’envolée des matières premières ? Il est vrai que, dans un contexte de prix des produits alimentaires élevés, se priver d’une source de protéines serait dommageable pour ceux qui peuvent l’utiliser.
Mais ne serait-ce pas plutôt le moment de se battre tous ensemble pour avoir un prix qui couvre les coûts de production et ainsi s’éviter d’avoir à utiliser ces farines ?