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Le mieux est l’ennemi du bien

Le mieux est l’ennemi du bien

Nous pouvons toujours nous interroger sur l’efficience de la labellisation bio en apiculture, il existera toujours un biais, un écart, une approximation qui sera montrée du doigt. S’il est légitime de questionner les limites actuelles, la recherche de la pureté absolue, et en toute circonstance, conduira à la disparition de l’apiculture bio en tout ou partie. En effet, cette recherche de pureté « bio » est pour l’heure une position franco-française qui pourrait être ignorée par les autres États membres.

De fait, la disparition de tous ceux qui n’auront pas eu le temps ou les moyens de se conformer aux exigences envisagées seront vite remplacés. Leur disparition fera les beaux jours des concurrents européens et extra-européens qui, la nature ayant horreur du vide, prendront naturellement la place des apiculteurs hexagonaux sur les rayonnages. D’autres filières nous enseignent (les roses notamment) que « l’impureté » des produits importés au regard des normes françaises n’a jamais eu d’influence notable sur la consommation. Une fois le miel bio importé en place, il y restera.

En second lieu, nous constatons que la demande d’absolu repose sur les exigences réelles ou supposées d’associations de consommateurs. Les attentes sociétales ne sont pas factices, la question est de savoir si elles doivent s’imposer au-delà des contraintes qui sont, à l’heure actuelle, le quotidien des producteurs. Si une modification des normes doit être envisagée, elle doit prendre en compte les capacités techniques et économiques des professionnels.

Dans le cas contraire, le miel bio commercialisé dans le futur sera importé et non conforme aux règles imposées aux producteurs hexagonaux. Cela ne l’empêchera nullement d’être vendu et consommé. Comme pour d’autres filières, le seul résultat aura été la disparition des producteurs français.