Christian Provent, éleveur en Savoie succède à Alain Pouget pour représenter la Coordination Rurale au sein du Groupe national Loup. Il nous livre ici les préconisations du syndicat en matière de gestion des populations de prédateurs.

« J’ai rejoint le GNL depuis le début de l’année, en plein cœur des concertations sur le prochain Plan national loup (PNA). La contribution que nous publions aujourd’hui est le fruit de nombreux échanges au sein de notre groupe de travail et je félicite les différents participants. Et je rappelle avant tout qu’il est important de prendre en compte la diversité des situations rencontrées selon les territoires et les modes d’élevage.

La ligne directrice des recommandations que nous émettons au sujet du loup reste inchangée :

La présence du loup est incompatible avec l’élevage. Il n’est pas envisageable pour moi, comme pour l’ensemble du groupe de travail loup de la CR, de déroger à cette affirmation, tant le loup a un impact néfaste sur nos cheptels, nos métiers, nos fermes, sans oublier nos vies de famille. Cette volonté de bannir le loup de la proximité de nos exploitations, par des manières radicales, sans simplement repousser le problème vers nos collègues, se fracasse sur le carcan administratif supranational qui protège le loup.

Cette position fondamentale ne nous interdit pas de regarder ce qui se passe chaque jour dans nos élevages. Y apporter des propositions concrètes et efficaces, ce n’est pas renoncer à nos fondamentaux : c’est participer aux réflexions en apportant notre expérience du terrain et notre expertise du métier, c’est peser dans le débat dans l’intérêt des éleveurs et c’est œuvrer sur le court terme pour que cessent la destruction de nos cheptels.

Non, nous n’élevons pas animaux pour qu’ils constituent le garde-manger d’un animal que nous ne voulons pas sur nos territoires d’élevage. Il nous faut donc associer à nos demandes sur le long terme, l’arrêt de la protection stricte du loup et exiger des solutions pour ne pas connaître un nouvel été meurtrier. Je ne peux pas me résoudre à simplement et uniquement répondre, aux éleveurs victimes de la prédation, que nous travaillons au déclassement du loup.

Des propositions concrètes

Pour obtenir du concret pour nos élevages, il faut nous appuyer sur le cadre réglementaire actuel. C’est bien ce que nous nous sommes efforcés de faire à travers cette contribution, en étayant nos demandes sur la rénovation du protocole de défense sur les recommandations du Conseil permanent de la Convention de Berne ou sur la DHFF. Nous devons également faire nôtre, le vocabulaire de ces textes ; ce qui m’amène à faire une distinction entre cohabitation et coexistence.
Ce n’est pas à mes yeux une simple distinction sémantique, qui à vrai dire apparaît minime.À mon sens, il existe une vraie différence idéologique entre ces deux termes. La cohabitation suggère de partager un même espace et donc des interactions, ce que nous refusons fermement. Au contraire, la coexistence ne suggère pas d’interaction et de partage d’un territoire. C’est bien cette expression qui est utilisée dans la réglementation imposant la protection du loup. Je le confirme, sans provocation, à l’échelle du territoire européen la coexistence est un fait. En se plaçant au niveau européen, il existe des espaces peu ou pas utilisés par l’homme qui permettent une coexistence (par exemple dans les Carpates, les Balkans ou la Sierra Morena). Le reconnaître et le faire reconnaître, c’est démontrer, au moins en partie, que la cohabitation est impossible et qu’il faut contenir le loup dans les espaces sans activité humaine, et surtout sans élevage. »

Télécharger les observations de la CR sur le prochain PNA

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