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Grippe aviaire : l’analyse de notre expert François Toussaint

Grippe aviaire : l’analyse de notre expert François Toussaint

A la suite du CNOPSAV du jeudi 14 janvier, le Ministre a annoncé la mise en place d’un vide sanitaire sur tous les élevages de palmipèdes du Sud-Ouest et la mise en place de nouvelles mesures de biosécurité. Face aux craintes et à l’incompréhension que nous témoignent nombres d’éleveurs, François Toussaint, représentant de la CR au CNOPSAV, vous éclaire sur le déroulement de ce conseil et les mesures qui en découlent.

Quelles sont les raisons ayant conduit il y a quelques jours à la décision de mise en place d’un vide sanitaire ?

Alors que la maladie a été détectée en novembre, il semble que les dernières communications de l’OIE et de Bruxelles ont effrayé notre Ministre et accéléré ses prises de position.
Le plan de vide sanitaire nous a été présenté comme la seule alternative à un abattage total.
J’ai été stupéfait qu’on en parle sans avoir évalué les coûts de cette mesure pour les éleveurs, les abatteurs, les transformateurs… Pendant la période d’arrêt de production, de quoi vont-ils vivre ? Il y aura certainement des aides, mais il est primordial qu’elles arrivent rapidement et qu’il y ait un engagement clair de l’État sur ce point.
Sur l’ensemble des représentants de la filière agricole, j’ai été un des seuls à demander si ce point avait été anticipé.

Cette mesure sera-t-elle efficace pour lutter contre l’influenza aviaire hautement pathogène ?

J’espère que ce vide sanitaire va permettre d’assainir la filière, mais la cause n’est pour moi pas réglée. Lors du CNOPSAV, il nous a été présenté un état des lieux puis les actions retenues pour y faire face. Jamais il n’a été question de l’origine de la maladie. Le virus se serait-il développé dans les élevages sans que notre système d’épidémio-surveillance ne l’ait détecté? Nous devons être en mesure de répondre à cette question. L’ANSES a d’ailleurs lancé une étude à ce propos. Si nous ne traitons pas l’origine de l’épizootie, je crains que cela ne serve à rien sur le long terme.

D’autres mesures ont-elles été évoquées ?

Le ministère a avancé des pistes pour éviter une nouvelle contamination. Il est envisagé d’augmenter les mesures de biosécurité, notamment à travers une campagne de modernisation des bâtiments. A nouveau, aucune étude d’impact économique pour les producteurs n’a été présentée, et aucune interrogation n’est venue des autres représentants professionnels.