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Prédation lupine : quelles actions après le constat des chiffres ?

Loup

Prédation lupine : quelles actions après le constat des chiffres ?

La coordination Rurale de Lozère a assisté au comité Grand Prédateur, avec la présence du nouveau Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Au programme des chiffres et des constats sans appel : le loup est là et bien ! Compte-rendu presque exhaustif des débats …

Une présence du prédateur incontestable sur tout le territoire

La DREAL a présenté les chiffres nationaux de la prédation : 3670 constats d’attaques et près de 10 000 victimes en 2021. Les 3/4 des 1516 éleveurs présents sur le territoire national, ont subi 1 ou 2 attaques et 4% d’entre eux, plus de 11 attaques. Durant l’année 2022, 921 loups ont été comptabilisés. Le taux de prélèvement autorisé est de 19% soit 174 bêtes.
La DREAL a profité de la rencontre pour présenter le nouveau système de déclaration dématérialisée des constats effectués par l’OFB avec l’application Geopred. L’objectif est l’amélioration des délais de paiement.

Ce fut ensuite au tour de l’Office Français de la Biodiversité, OFB, de livrer sa litanie de chiffres. Le réseau Loup-lynx, enrichi de 23 nouveaux correspondants, formés en février 2022 à Chanac, a identifié 157 zones de présence permanente, ainsi que 135 meutes de loups à l’échelle nationale.
L’OFB estime ainsi la population du grand prédateur à 920 adultes en 2021 contre 624 en 2020. Ces chiffres sont disponibles sur le site loupfrance.fr

DE NOUVEAUX INDICES EN LOZÈRE …

Pour le département de la Lozère, fin 2021, un mâle et une femelle ont aussi été repérés. Une opération de hurlements va être provoquée sur le secteur Mont Lozère Causse, ainsi que sur le Larzac, pour vérifier la présence d’une ou de plusieurs meutes. Sur les 74 indices, 36 indices loups ont été retenus. La Lozère compte à minima 4 loups sur le département : 1 sur le secteur Margeride, 1 sur l’Aubrac et 2 sur les Causses du Mont Lozère.
Madame Gros, présidente de la Fédération des groupes pastoraux, a demandé la présence de la profession lors du comptage, afin que tout doute soit levé sur la méthodologie opérée par l’OFB.

L’intervention de deux membres de la DDT 48 a confirmé la présence du loup sur le département. En 2021, 57 constats ont été réalisés sur 46 élevages. 23 classés comme présence « non écarté » et environ 40 % de cas confirmés.

Le loup a fortement impacté les élevages lozériens, avec 171 victimes: 90 animaux tués et 81 de blessés, ce qui représente 32 499€ de subventions versées.
Pour l’année 2022, 15 constats réalisés sur 15 élevages : 10 loups « non écarté » +3 en cours d’analyse. Cela représente 41 bêtes tuées et 22 de blessées. 15 demandes de tir de défense simple et une demande de tir rapproché ont été déposées. 599 chasseurs sont actuellement habilités à effectuer ces tirs. 4 dossiers pour l’achat de chiens de protection ont été déposés (1 chien par demande), le département a subventionné à hauteur de 1 725€ au total pour l’acquisition de ces 4 chiens. 42 dossiers pour l’entretien des chiens, ont été financés par la DDT à hauteur de 68 000€.

Enfin, le département prend en charge le paiement des bergers pour le gardiennage des prés à hauteur de 80 %, pour un coût total de 200 000€.
Pour rappel, les dossiers de demande de subvention « Plan Loup » doivent être déposés avant le 7 juillet à la DDT de Lozère, sous présentation des factures datées jusqu’au 31/12/2021 et acquittées au plus tard au 31/03/2022. Le poste de référent loup étant actuellement vacant à la DDT, l’intérim est provisoirement assuré par madame Gély.

AIDE ET SUBVENTIONS

3000 dossiers de demande d’aides à la protection ont été déposés, dans 44 départements. Cela représente une augmentation de 13 % des départements français impactés par la prédation lupine.
30 millions d’euros de subvention ont été distribués en 2021 pour la seule région Occitanie.

En ce qui concerne la programmation 2023-2027, la profession avait demandé une avance de trésorerie pour payer les bergers, mais cela n’a pas été retenu.  L’État fiancera à hauteur de 20% et le FEADER à hauteur de 80%. Une valorisation de 9 % du forfait journalier berger va être réalisée, ainsi qu’un doublement du plafond pluriannuel pour les clôtures (6500€ x 2).

De nouvelles pistes de travail
La DRAAF a ensuite exposé les axes de travail sur lesquels elle souhaite agir pour la programmation 2023/2027 :
– évolution du statut des chiens de protection : monsieur le Préfet est d’ailleurs intervenu au sujet des cas de morsures. 6 cas recensés au pénal, un épiphénomène ! Il précise que si l’incident intervient lorsque le chien est au travail, la responsabilité de l’éleveur ne peut être engagée.
– le métier de berger
– le logement
– la formation
– la santé au travail.

Ces axes de travail feront l’objet d’une réflexion commune entre les services de la DRAAF et de la MSA.

UNE IMAGE DU LOUP ENTRE MYTHE ET RÉALITÉ

Le bilan de cette rencontre est un fois de plus en demi-teinte. A la CR Lozère, nous avons conscience de l’importance de la présence du syndicat lors de ces diverses commissions en lien avec le loup. Nous déplorons simplement le fait que ces réunions ne permettent pas de faire avancer le dossier. On nous présente des chiffres, on visionne des films, on échange en faisant part de nos demandes, mais nous ne voyons pas d’évolutions.

Le film « Rasco et nous » sur les chiens de protection a été diffusé. Nous sommes sceptiques et prudents à ce sujet. Le patou représente une piste de protection, mais ce n’est pas suffisant. C’est une propagande pour inciter les éleveurs à acquérir des chiens de protections afin qu’ils combattent la nuit face au loup. Cependant, si un patou peut protéger son troupeau face à un loup, il sera dans l’incapacité de le faire face à une meute, il faudrait alors une meute de chiens de protection, et nous rappelons que les agriculteurs sont éleveurs de bétail, et non de canidés.
De plus, ces réunions locales ne permettent pas d’évoquer de nouveaux éléments, et font le doublon avec les débats évoqués durant les réunions nationales, telles que le Comité National Loup.
Actuellement, la CR demande un engagement fort des diverses institutions afin de préserver l’élevage local comme national, face à un loup, un peu trop idolâtré, sous-estimé, faisant des ravages dans nos campagnes.

Il faut revoir au plus vite les méthodes de comptage. L’OFB a d’ailleurs reconnu une sous évaluation de la population, en rectifiant les effectifs de l’année 2021 : passant de 624 à 783 loups ! Une estimation minimale d’après la CR. Les moyens sont pourtant là, ce ne sont pas moins de 3,6 millions d’euros dédiés à la masse salariale pour le Plan Loup. Cette gestion honteuse doit cesser, une estimation claire et des moyens doivent être investis pour enfin avoir un regard sur la présence réelle du loup et son évolution. La CR demande la modification de la Convention de Berne et la modification de la Directive Habitats afin de limiter la présence des loups à des zones sans activité humaine. La cohabitation n’est pas possible !

loup pastoralisme danger

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