La Coordination Rurale du Centre proposait une conférence sur le nitrate, le 20 janvier dernier au lycée agricole de Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Daniel Roques, Président d’AUDACE, a débuté sur les aspects santé publique avec une présentation limpide inspirée des travaux du Dr L’hirondel : le nitrate est inoffensif ; mieux, il est bénéfique pour la santé humaine.

Cela est maintenant avéré et aucun scientifique sérieux ne peut le contester. M. Roques nous apprend que l’article 8 de la Directive Nitrates prévoit que le dispositif réglementaire peut être adapté au progrès scientifique et technique. Pourtant, « la citadelle Directive Nitrates est réputée imprenable de l’aveu même de certains responsables politiques européens ! » Personne ne connaît le coût généré par l’application de cette Directive inepte pour la collectivité : il doit se chiffrer en dizaines de milliards d’euros.

Christian Buson, Président de l’Institut de l’Environnement, a développé les aspects agronomie et écologie. Le phosphore est l’élément déclencheur des dérèglements des écosystèmes aquatiques, avec le développement des cyanobactéries fixatrices d’azote. Dans une masse d’eau, le nitrate n’est donc jamais le facteur limitant. M. Buson s’appuie sur les travaux de Guy Barroin, ancien chercheur à la station d'hydrobiologie lacustre de l’INRA à Thonon‐les‐Bains : " Lutter contre le nitrate pour résoudre le problème de l’eutrophisation est une solution pratiquement impossible techniquement inefficace rationnellement douteuse : ne propose‐t‐on pas de traquer le nitrate pour lutter contre une pollution par les phosphates? " Certains fonctionnaires avouent parfois du bout des lèvres que le nitrate n’engendre aucun risque en santé publique mais prétextent qu’il sert de traceur pour les autres polluants. Il s’agit d’une justification d’une norme à posteriori et il n’y a aucun lien, aucune corrélation possible entre le nitrate et les autres substances. L’utilisation du nitrate comme traceur n’a aucune pertinence chimique ou biologique. Partout, on confond dépassement d’une norme arbitraire et pollution. Le dépassement d’une valeur érigée en seuil n’est pas en soi une pollution. Christian Buson, citant Marian Apfelbaum, Professeur de médecine et ancien Directeur de recherche à l’INSERM : " Les données historiques, l'expérimentation animale, l'expérimentation aiguë humaine, et l'épidémiologie permettent de conclure que la consommation de nitrates est inoffensive chez l'homme sans limite de dose. " " Les études épidémiologiques ne suggèrent pas que l’exposition aux nitrates liée à l’alimentation ou à l’eau de boisson puisse être associée à des risques accrus de cancer "  Et " certaines recherches récemment menées font apparaître que les nitrites concourent à la défense immunitaire " (EFSA : Agence de sécurité sanitaire de l’Union Européenne, dans une publication du 10 avril 2008 sur la présence de nitrates dans les légumes). Près de 150 lycéens étaient présents. Les jeunes sont interpellés notamment sur les aspects touchant à la santé humaine et des questions sont posées sur la grossesse et l’allaitement maternel. M. Buson répond que le nitrate ne pose problème ni à l’une, ni à l’autre. Monsieur Buson insiste : « sur le plan scientifique, les jeux sont faits depuis longtemps. C’est le combat médiatique qu’il faut gagner maintenant et l’opinion publique qu’il faut éclairer ». Un agriculteur retraité d’Eure-et-Loir lance : « c’est regrettable qu’aucun élu politique ne soit venu participer. Comment se fait-il que les rangées de devant, marquées « réservé » soit vides ? » On peut déplorer une fois de plus l’absence des politiques et des décideurs qui semblent n’avoir pas le courage d’affronter le thème du nitrate sous cet angle. Autres absents : les associations écologistes, pourtant invitées.

Dans la même catégorie

CR 41
CR 36
CR 41
Centre-Val de Loire