Traitement phytosanitaire à bas volume

Notre premier intervenant, Eric Lavoine, animateur d’un forum sur les produits phytosanitaires (http://agri-convivial.forumactif.com/), revient sur les principes du Plan Ecophyto et son articulation dans les régions avec les CROS phytos. Il faudra, si possible, diminuer l’utilisation de produits de 50%, d’ici 2018.

Face à ces nouvelles contraintes, Eric Lavoine détaille les possibilités d’y parvenir et notamment les bas volumes. Il s’agit de baisser la dose de produit par l’étalement des gouttes. Cela nécessite des buses adaptées. En dessous de 80 litres / ha, on parle de bas volume. En dessous de 30 litres / ha, on parle de très bas volume. Certains arrivent même à travailler avec 13 litres / ha, ce qui nécessite une certaine expérience.

Il y a plusieurs axes de travail :
  • L’eau : sa dureté, mesurée en °F. Une eau à 50°F (200 ppm de calcium) est déjà assez dure, son pH influe sur certains produits.
  • Les adjuvants : huiles, mouillants, tensioactifs. Les tensioactifs multiplient la largeur et la longueur des gouttes par 17 !
  • Les conditions d’application : il vaut mieux traiter tôt le matin ou tard le soir, 80% d’hygrométrie.
  • Les synergies entre matières actives : Eric Lavoine pratique des associations au 20e de la dose. En mélangeant 3 ou 4 produits, cela fait en tout un quart de dose. Les programmes sont à valider sur le site Arvalis mélanges : http://www.melanges.arvalisinstitutduvegetal.fr/fr/choix.asp
  • L’anticipation.

Il existe des programmes bas volumes adaptés pour chaque culture. Eric Lavoine n’a pas hésité à donner quelques recettes, en réponse aux préoccupations des uns et des autres. L’attention de l’auditoire n’en était que renforcée.

Son forum, unique dans le genre et totalement gratuit, compte plus de 3000 inscrits soucieux d’échanger sur leurs expériences. Concernant l’environnement, Eric Lavoine distingue les écologistes actifs (les agriculteurs) des écologistes passifs (les beaux parleurs, ceux qui volent en hélicoptère). Les agriculteurs font de plus en plus d’efforts et ce sont eux qui font avancer les choses.

Contractualisation et régulation européenne

Notre second intervenant, François Lucas, Vice-président de la Coordination Rurale Union Nationale, a développé les conséquences de la contractualisation concernant le lait et les fruits et légumes.

Tous les achats devront faire l’objet d’un contrat et les laiteries vont devoir en signer à partir du 1er avril 2011. Le décret prévoit 2 volumes : volume A (prévu par les quotas) et volume B (valorisation beurre poudre). Les contrats orienteront la production pour 5 ans. En fruits et légumes, les contrats courent sur une durée de 3 ans. Le producteur ne pourra plus arrêter. Cela équivaut à laisser un conducteur aux commandes d’un véhicule, sans freins et sans volant. Les contrats sont en cascade : tous les maillons de la chaîne, à part le consommateur, contractualisent. La situation était anarchique mais elle va devenir catastrophique. Selon cette logique, les marchés de gros disparaissent. Les céréales seront aussi concernées, notamment dans le cadre d’une contractualisation avec les éleveurs. La CR a fait une proposition au Ministre dans ce sens pour promouvoir une contractualisation directe. (https://www.coordinationrurale.fr/transactions-directes-de-cereales-amelioration-du-revenu-et-de-la-competitivite-des-eleveurs.html) Seule une PAC réformée pourra régler le problème de la volatilité. Le Traité de Lisbonne lui-même rappelle que la PAC a pour but de stabiliser les marchés mais actuellement, la Commission est incapable de voir plus loin que 2010. L’UE doit maîtriser son alimentation et protéger ses citoyens. Espérons que la présidence française du G-20 puisse infléchir la Commission.

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Lycée agricole de Châteauroux, le jeudi 17 février 2011, à 14h30

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