La Coordination rurale de l'Indre a profité de son assemblée générale, hier, au lycée agricole de Châteauroux, pour aborder deux sujets d'actualité. Éric Lavoine, agriculteur de la Somme, a ainsi évoqué sa démarche basée sur une réduction de 50 % de son utilisation des produits phytosanitaires.

« La chimie est remise en question dans l'agriculture, remarque Daniel Rouillard, président de la Coordination rurale de l'Indre, qui rejette le système de primes et de subventions et préférerait que les produits soient vendus à leur juste prix. Le bio, c'est très bien, mais il ne faut pas croire que ce sera la solution à tous les problèmes. J'ai beaucoup de respect pour ceux qui le font mais les rendements sont bien souvent inférieurs. Mais il faut toutefois savoir que quand on traite, c'est toujours à contrecoeur, parce que ça fait du boulot et ça coûte très cher. »

Deuxième sujet d'actualité, la contractualisation, dont les décrets d'application sont déjà parus pour le lait et les fruits et légumes.

« Le principe est d'obliger les agriculteurs et leurs acheteurs à s'engager sur des volumes, sur des modalités de calcul de prix, et sur des durées d'un à cinq ans, résume François Lucas, vice-président de la Coordination rurale. Ce qui est étrange, c'est qu'on rend ces contrats obligatoires. Sur les fruits et légumes, ce sera encore pire que pour le lait : demander à un producteur de s'engager sur des quantités, des qualités et des calibres, sur trois ans, avec les aléas climatiques et sanitaires, et des consommations très aléatoires, c'est une vision technocratique. »

Pour François Lucas, le problème est pris par le mauvais bout. « Ce qu'il faut, c'est refaire une vraie politique agricole : voir de quoi a besoin le consommateur, de quoi a besoin l'environnement, de quoi à besoin l'économie, plutôt que dire que la politique agricole doit être compatible avec l'OMC. Et éviter l'horreur prononcée par Mariann Fischer Boel - commissaire européen chargée de l'agriculture et du développement rural - : '' Les agriculteurs doivent répondre aux signaux du marché ''. »

Thierry Roulliaud

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