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La CR 44 rencontre Julien Denormandie

La CR 44 rencontre Julien Denormandie

Le 27 avril, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture est venu en Loire-Atlantique pour rencontrer les syndicats agricoles et parler des problématiques départementales. La CR de Loire-Atlantique était représentée par Loïc Crespin, président de la CR 44 et de la CRPL. Après avoir évoqué les conséquences désastreuses du gel, les difficultés de l’élevage, l’enjeu crucial de l’installation, la gestion de l’eau, et plusieurs autres sujets, la CR44 a remis au ministre, ainsi qu’au préfet, ses propositions sur les points suivants :

1 – La conjoncture

L’agriculture a besoin de prix rémunérateurs pour répondre à la hausse exponentielle des coûts de production. Pas de paysans sans revenus !

2 – L’installation

Nous considérons la politique d’installation beaucoup trop élitiste. Il faut aussi aider les projets à priori moins solides. Vu la pyramide des âges, nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés pour nourrir le pays.

3 – Les agricultrices

De nombreuses jeunes femmes choisissent le métier d’agricultrice et s’installent en Loire-Atlantique, plus spécialement sur des petites structures et en vente directe.

Néanmoins, nous constatons qu’un nombre croissant d’agricultrices, faute de revenu sur la ferme à cause des prix agricoles en dessous des coûts de production, repartent travailler à l’extérieur. Ce qui est inquiétant pour la suite car les femmes en agriculture sont incontournables pour l’animation et la vie de la ruralité !

Il faut légiférer pour faire évoluer le statut des conjointes collaboratrices vers un statut de plein droit (chef d’exploitation ou salariée) et revaloriser les retraites des femmes à 85 % du smic minimum.

4 – L’élevage

L’élevage d’herbivores s’avère indispensable à la biodiversité et à la lutte contre la désertification. Sur ce thème, voici une vidéo d’Allan Savory « Comment transformer nos déserts en prairies et inverser le changement climatique ».

5 – L’irrigation

A l’avenir, il nous semble opportun que les agriculteurs puissent y avoir recours sur au moins 20 % de la surface de chacun. La stratégie d’évitement, en laissant les terres peu ou pas productives pendant la saison estivale, conforte le réchauffement climatique par l’insuffisance d’évapotranspiration. 70 % des pluies proviennent de la végétation sur place.

6 – L’agriculture de conservation des sols

Cette forme d’agriculture répond à la très grande majorité des problématiques agricoles tant économiques et environnementales que climatiques. L’usage de l’urée, forme d’engrais azoté la plus neutre pour les sols et du Glyphosate devra être préservé.

Nous prônons également l’utilisation des indicateurs sociaux et environnementaux « indicIADes » élaborés par l’Institut d’Agriculture Durable, que nous estimons plus adéquats pour les agriculteurs.

7 – Les haies bocagères

Dans les Pays de la Loire, la haie est ancrée dans la culture collective. Elle est source de biodiversité et est protectrice des troupeaux et des cultures. Avec le dérèglement climatique, son développement va devenir primordial notamment par la séquestration de carbone, et à l’instar de tous les arbres dans la régulation des pluies. A cet effet, 10 HA nous semble être un bon compromis pour la dimension des parcelles recevant ces haies sur leur pourtour.

Cependant, tout repose essentiellement sur les épaules des agriculteurs ; il paraitrait juste que la société, dans son ensemble, prenne davantage part à cette charge.

Aujourd’hui, de par la loi, l’entretien des haies incombe à son propriétaire ou locataire sur les deux côtés, exception faite pour les racines à charge du riverain dans la limite de son terrain.

En pratique, entre paysans, entre paysans et collectivités, chaque riverain procède à l’entretien complet, chacun de son côté, toujours dans la limite de son terrain.

Aussi, nous demandons que la réglementation s’adapte à la réalité du terrain.

Une telle évolution éviterait par exemple aux paysans de subir l’exigence d’élagage à leurs frais par des entreprises d’enfouissement de la fibre optique. Cela éviterait également aux maires ruraux d’aller jusqu’au procès avec des propriétaires qui refusent l’entretien de leurs haies empiétant sur les voies communales.

Conclusion :

Enrayer les cessations d’activité ou susciter des installations restera compliqué si l’activité agricole, quelle qu’elle soit, n’est pas rentable. Si l’on veut redonner le goût aux agricultrices et aux agriculteurs de continuer et l’envie aux jeunes de s’installer et d’exercer un métier passionnant, il nous faut des prix rémunérateurs arrimés sur les coûts de production. Notre Environnement, notre Vie, en dépendent… !