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Billet d’humeur : étiquetage du bien-être humain pour Noël prochain

Billet d’humeur : étiquetage du bien-être humain pour Noël prochain

Comme pour les aliments, qui n’ont de cesse d’être catégorisés par de multiples étiquettes (qualité nutritionnelle, bien-être animal…), une nouvelle étiquette devrait voir le jour pour valoriser le bien-être humain. Ce début n’est qu’utopique mais puisque tout est régi par des étiquettes, pourquoi ne pas le faire ? Pour nous agriculteurs, nous voyons de nombreuses étiquettes fleurir sur les emballages. Ces étiquettes définissent si les conditions d’élevage sont correctes, si le transport des animaux est acceptable et si l’abattage respecte l’animal. Bref, elles définissent si nous faisons correctement notre travail. Alors nous proposons d’avoir notre propre étiquette :

A : Le produit rémunère son producteur.
B : Le produit prend en charge les coûts de production.
C : Le produit est inférieur aux coûts de production.
D : Le produit fait disparaître les agriculteurs français.

Vu comme cela, il ne serait pas avantageux pour les industriels de mettre en avant que la plupart de nos productions ne nous rémunèrent pas, et qu’elles sont parfois même vendues à perte, ce qui est normalement interdit.

Mais pour le monde, cela serait peut-être bénéfique !

A : Le produit respecte les salariés.
B : Le produit détruit la planète.
C : Le produit est fait par l’exploitation de salariés.
D : Le produit est fait par l’exploitation de salariés et détruit la planète.
E : Le produit est fait par des enfants.
F : Le produit est fait par des enfants et détruit la planète.

Imaginez cela sur tous les paquets de Noël !! Malheureusement, je pense que peu de produits atteindraient la catégorie A et cela pourrait peut-être faire réfléchir sur l’importance de nos choix en tant que consommateurs. Ce petit cri de colère pour dénoncer un système qui s’acharne sur ces producteurs alors que nous faisons notre travail pour nourrir le peuple et pour cela, nous aimerions être considérés et rémunérés. Sachez que l’agriculture française se meurt et que si nous continuons comme cela, vous serez surpris des aliments qui seront importés et de ce que vous aurez dans vos assiettes. D’accord pour dénoncer ce qui doit l’être, mais pour la grande majorité des agriculteurs, nous aimons notre métier, nos animaux, nous respectons la nature.  Alors s’il vous plaît, « Foutez nous la paix et laissez-nous travailler« .

Jean-Jacques Pesquerel
Président CR14