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Risques d’incendies : Va-t-on vers une suspension des moissons ?

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Risques d’incendies : Va-t-on vers une suspension des moissons ?

En cette période de moisson, de nombreux incendies se sont déjà déclarés et ont nécessité l’intervention des pompiers.

Malgré les appels à la vigilance et alors que les pics de chaleur n’ont pas encore été atteints cette semaine, les agriculteurs redoutent une chose plus que tout : une suspension des moissons.

« Nous devons rester prudents et essayer de prendre toutes les précautions afin de limiter les risques. » explique Thierry Coupey, président de la CR touché lui-même par un incendie qui a dévasté près de 30 hectares sur son exploitation « Un arrêté préfectoral nous interdisant les moissons serait catastrophique pour certains d’entre nous. Nous dépendons de la météo et lorsque il est temps, il est temps ! Nous ne pouvons pas nous permettre de louper ce moment important pour nos exploitations ».

Et cette crainte n’est pas sans fondement car de telles décisions ont déjà été prises dans des départements limitrophes rappelle Yvette Lainé, présidente de la Coordination Rurale de Normandie. « Nous avons assisté lors des années précédentes à des arrêtés préfectoraux interdisant les moissons pour les agriculteurs, par exemple l’année dernière, dans la région voisine des hauts de France », explique-t-elle. Elle conseille donc la plus grande prudence : « Nous ne pouvons pas nous le permettre, pour éviter cela, nous devons rester prudents, principalement pour les parcelles situées près des habitations, il ne faut absolument pas mettre en danger la vie des personnes vivant à proximité de notre outil de travail. Pour cela, nous pouvons anticiper en allant moissonner avec une tonne remplie d’eau pour le « au cas où ».

La CR Normandie rappelle les préconisations du SDIS pour la prévention des incendies et sur la conduite à adopter en cas de départ de feux d’espaces cultivés :

Conduite à tenir en cas d’incendie :

  • Appeler les pompiers en composant le 18 ou le 112 avant de chercher à limiter la propagation. Même si vous utilisez une tonne à eau ou que vous déchaumez, vous ne pourrez que contenir le feu. Il sera nécessaire que les pompiers interviennent pour éteindre complètement l’incendie.
  • Indiquer le plus précisément possible le lieu (commune, hameau, lieu de rencontre) de l’incendie et ce qui a pris feu, s’il y a un point d’eau à proximité ou un système d’irrigation.
  • En attendant l’arrivée des secours, éloignez-vous du feu, ainsi que le matériel qui pourrait être détruit ou causer d’autres dommages. Créer des coupe-feux en arrosant ou en déchaumant une zone qui va stopper l’arrivée des flammes.
  • Orienter les secours à leur arrivée. Si vous êtes plusieurs sur la parcelle, déléguez une personne qui pourra guider les pompiers depuis la route principale.
  • Lorsque c’est possible, mutualisez les moyens avec les agriculteurs locaux afin de gagner en efficacité pour éviter la propagation du feu. Dans tous les cas, collaborez avec les services d’incendie et de secours.

S’organiser avant les chantiers de récolte :

  • S’organiser et anticiper la disponibilité d’un déchaumeur lors de la moisson, voire d’une tonne remplie d’eau mobilisable si vous gardez la paille. Un échange avec les voisins agriculteurs peut permettre de mutualiser ces outils.
  • S’équiper ou vérifier l’état de marche d’extincteurs dans ses tracteurs ou sa moissonneuse et ses matériels de récolte (cf code du travail si vous avez un salarié). Un extincteur à poudre pour le matériel agricole, et à eau pour les cultures sont les plus adaptés.
  • Pour éviter la surchauffe des machines, préparer les machines en début de campagne : graisser roulements, organes de transmission, dépoussiérer moteur et ventilateur…

Prévenir les risques pendant les chantiers de récolte :

  • Conserver un déchaumeur attelé : en cas d’incendie, c’est un moyen rapide pour ralentir les flammes et limiter le périmètre des dégâts. Privilégiez de conserver une tonne pleine d’eau à proximité de la parcelle, notamment si vous conservez la paille.
  • Adapter l’organisation des chantiers : à l’aide des prévisions météo, tenir compte des risques du chantier (la moisson d’un colza est moins dangereuse qu’une céréale en pic de canicule), des risques mitoyens (habitations, linières…) et intervenir plutôt sous le vent de façon à ne pas exposer la partie à récolter.
  • Éviter alors de moissonner aux heures les plus chaudes, si les vents sont soutenus.
  • Éviter la surchauffe des machines : entretenir, nettoyer et dépoussiérer vos machines quotidiennement, voire plusieurs fois par jour au cœur de la moisson (ex. « souffler » les poussières susceptibles de faire monter les engins en température).
  • Ne pas couper ses récoltes à ras du sol afin d’éviter les frottements de moissonneuses avec des pierres. Objectif : éviter les étincelles.
  • En cas de parcelles de grande superficie, réaliser en début de chantier des bandes coupe-feu de 4-5 largeurs de machine. Tenir compte de l’orientation du vent, et ne pas hésiter à déchaumer une largeur en préventif auprès des habitations en premier, le long des routes à grandes circulations qui sont souvent des points de départs de feux, ainsi qu’au bord des zones sensibles (le long des voies SNCF, des bois et forêts, des industries et des silos) où les dégâts seraient importants.
  • Maintenir un niveau de vigilance élevé lors des travaux agricoles.
  • Ne pas fumer, maintenir une grande prudence avec les mégots de cigarette.
  • Éviter de transporter de l’essence dans des véhicules de service.
  • Avoir un téléphone sur soi pour pouvoir prévenir rapidement les pompiers en cas de départ d’incendie.
  • Le soir, lors du remisage de l’ensemble du matériel qui a fonctionné pour les travaux des champs, penser à vérifier qu’il n’y a pas de points chauds.

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