Le bien-être animal préoccupe beaucoup plus de monde que le bien-être des agriculteurs. Une fois de plus, la législation évolue en ce sens… mais uniquement dans la théorie.

En effet, les veaux des exploitations laitières principalement, ne sont pas destinés au renouvellement du cheptel (les mâles) et ne sont pas élevés sur la ferme où ils sont nés.
Souvent, ces veaux sont vendus dès que possible avec un prix très bas, et les fermes laitières ne sont pas équipées pour les garder longtemps, puisque le prix de vente, bien souvent, couvre à peine le coût de son alimentation (on ne compte pas le travail de l’éleveur puisque celui-ci travaille pour le plaisir).
La réglementation d’aujourd’hui, déjà plus contraignante qu’il y a quelques années, permet le transport des veaux à 14 jours (pour les trajets « long »).

 

Un nouveau texte européen qui coutera cher

La commission européenne est sur le point d’interdire le transport des veaux de moins de 5 semaines (35 jours) et moins de 50 kg.
La conséquence : un surcoût qui sera supporté par les éleveurs uniquement. Personne ne croira à un meilleur prix de vente puisque l’expérience a déjà été faite par le passé quand les veaux n’ont plus pu partir avant 8 jours, puis 14 ensuite. Mais ce ne sera pas seulement un surcoût alimentaire qu’il faudra compter.
Le bien-être animal en souffrira, celui des éleveur également ; l’environnement en payera aussi sa part.

 

Quid du bien-être animal ?

Les structures laitières qui ont une nurserie par exemple de 15 places auront vite dans leurs effectifs 30 veaux !!
Le bien-être animal en prend déjà un coup. Mais les conséquences ne s’arrêtent pas là malheureusement. On sait qu’une concentration excessive d’animaux a des conséquences directes sur leur bien-être mais aussi sur leur santé. La gestion sanitaire devient vite impossible. La perte ne s’additionne pas, mais se multiplie très vite.
L’usage d’antibiotique est multiplié par…3…10 ?
La perte de veaux, et le travail de l’éleveur devient vite insupportable.
Le coût des médicaments supplémentaires dû à cette nouvelle norme n’est pas seulement financier, l’environnement s’en passerait volontier.

Qui aura envie d’investir dans des infrastructures supplémentaires coûteuses pour perdre encore plus d’argent avec les veaux ?
Le danger pour la profession est encore plus fort qu’il n’y parait quand on sait qu’un veau qui meurt à la naissance peut faire économiser plus de 100 € (hors main d’œuvre) ; certains pourraient être tentés par l’euthanasie. Heureusement que les éleveurs ont eux, encore une âme et une conscience.
Mais à force de faire supporter aux éleveurs toujours plus, le danger augmente !!

Le coût d’élevage hors logement et main d’œuvre du veau varie de 50 € à 14 jours pour les plus économiques sans le moindre souci de santé à plus de 200 € pour des veaux sous la mère en lait AOP

À 5 semaines, les coût explosent soit plus de 100 € pour les plus économiques sans le moindre soin vétérinaire ou sachet repas pour des veaux dont le prix de vente avoisinera 120 € (au mieux) en prim’Holstein jusqu’ à des coûts de plus de 400 € pour ceux en lait AOP pour des veaux montbéliards qui seront vendu… 250 € peut être.

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