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Lettre ouverte aux vegans des pays riches

Lettre ouverte aux vegans des pays riches

Je suis paysan, fier et heureux de l’être.
J’ai élevé, mes parents et grands-parents avant moi, des vaches, des chevaux, des cochons et des poules.
Ils m’ont permis d’être ce que je suis. Ils ont nourri mes enfants et, au-delà, toute l’humanité depuis que le monde est monde.

Ces animaux, les honorer, c’est de les apprivoiser.
Les honorer, c’est de tout mettre en œuvre pour que certains fassent leur travail de mères, d’autres de laitières, et encore d’autres de trait et à la fin. Les honorer, c’est de les tuer pour les manger.

Les vegans pensent le contraire, je ne les en empêche pas. C’est une lubie de riches rassasiés. Dans les pays où l’on souffre de la faim, où la famine fait encore rage, il n’y a pas de végans ou bien si, des végans forcés car tous les animaux sont morts de soif pendant la saison sèche.

Quant au « bien-être » des animaux en fin de vie économique (à l’abattoir), pensez-vous que mourir est facile ? Bien sûr que non. Pensez-vous qu’il est facile et joyeux d’amener Pâquerette à l’abattoir ? Cette brave vache qui nous a fait tant et tant de veaux.

Pour ce qui est de ce que je connais depuis peu à l’abattoir de Villeneuve, nous honorons et respectons les animaux. Nous les abattons sans plaisir et sans regret car ceci est dans la nature et dans le cycle de la vie.

Dans « l’échelle de Richter » des valeurs, l’animal est classé juste au-dessous de l’homme. L’honorer et le respecter, c’est de le laisser à cette place.

Dans notre pays de riches, l’agneau sans boucle, non identifié mais sain, et dont la carcasse est jetée à l’équarrissage est une insulte à l’animal et encore plus à tous ceux qui n’ont pas pu manger à leur faim une fois dans leur vie.

En 1940, ma mère, jeune fille, un matin dans l’étable, découvre morte la seule vache de la toute petite ferme du Lot où elle a grandi avec ses huit frères et sœurs. Elle va voir ma grand-mère en pleurant : « Nous n’aurons plus de lait et pas de veau ! ». « Je t’interdis de pleurer cette vache, lui rétorque mamie. Tes trois frères sont à la guerre. Que ferais-tu si par malheur l’un d’eux est tué par les Allemands ? Garde tes larmes pour eux. »

Sur l’échelle des valeurs, nos aïeux avaient plus de bon sens que nous.

Serge Bousquet-Cassagne