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ZNT et plan pollinisateurs : il est temps de trouver un compromis

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ZNT et plan pollinisateurs : il est temps de trouver un compromis

Le vendredi 19 mars, le Conseil constitutionnel a déclaré non constitutionnelles les chartes départementales établies lors de l’instauration des ZNT (Zones de non traitement) riverains. C’est pourquoi, les Coordinations Rurales départementales de Nouvelle-Aquitaine ont saisi leurs députés et sénateurs.

Pour rappel, alors que la Coordination Rurale, en s’appuyant sur la légitimité des agriculteurs à employer des produits homologués par l’État, s’est opposée tout simplement à la mise en place de ces ZNT, les autres syndicats agricoles ont accepté sans rechigner cette nouvelle contrainte. Les ZNT sont donc venues s’ajouter à la liste des satisfactions d’attentes sociétales non compensées financièrement, pesant de tout leur poids sur les seuls agriculteurs. Cette nouvelle pierre dans leur champ s’était alors accompagnée de la rédaction d’une charte entre les agriculteurs et les riverains, leur permettant de réduire ces ZNT à l’amiable.

Cependant, alors même que les agriculteurs ont consenti à faire une concession énorme en acceptant de ne pas traiter et donc de ne pas cultiver une partie de leurs terres sans que ne leur soit versée la moindre compensation financière, cet effort est balayé. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir une nouvelle fois été humiliés par la mise en place par le ministre de l’Agriculture de ces chartes de la FNSEA. On les a ainsi forcés à passer sous les fourches caudines de la société, validant par ces chartes l’idée selon laquelle ils n’étaient que de dangereux empoisonneurs. Est-il encore nécessaire, en plein pandémie mondiale, de rappeler aujourd’hui l’importance des traitements phytosanitaires qui ont permis d’enrayer certaines maladies mortelles telles que l’ergotisme ?

Aujourd’hui plus que jamais, alors que nous sommes en pleine discussion sur le plan pollinisateurs qui va avoir pour conséquence de réduire une fois de plus la disponibilité d’outils de protection des cultures et alors qu’inévitablement cette décision du Conseil constitutionnel va faire revenir le sujet des ZNT sur la table, il est indispensable que nos députés et sénateurs se saisissent de ce sujet et exigent une reprise complète de ce dossier en consultant l’ensemble des acteurs de la profession agricole impactés.

Il convient d’avoir un débat apaisé, objectif et tenant compte des réalités scientifiques, techniques et économiques. Nos parlementaires doivent porter le développement économique de l’agriculture, à la fois pour répondre aux besoins d’une population mondiale toujours plus nombreuse, mais aussi pour financer les innovations techniques qui permettront d’aller vers plus d’écologie.