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In Vivo travaille-t-elle pour ses coopérateurs ?

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In Vivo travaille-t-elle pour ses coopérateurs ?

In Vivo, la coopérative des coopératives, est lancée dans une opération stratégique qui bouleverse ses fondements.

En vendant à un groupe américain (ADM) sa filiale alimentation animale Néovia pour, selon sa propre communication, se recentrer sur ses activités « Agriculture », « Vin » et « Distribution », In Vivo accélère la transformation digitale de ses activités de trading international, de centrale d’achat d’intrants pour ses coopératives.

Lors de sa dernière AG, In Vivo a présenté Néovia comme son fleuron. Après de multiples acquisitions opérées ces dernières années à l’international, cette structure est devenue l’opérateur majeur de l’alimentation animale. Néovia est devenu le leader français de l’alimentation animale, fournisseur des élevages terrestres, marins et animaux de compagnie.

Comment ne pas être surpris de la cession de cette société au profit d’une entreprise américaine pas réellement empreinte de « l’esprit coopératif » ? Les 300 000 adhérents – soit quasi 70 % des agriculteurs – dont se targue la coopérative des coopératives ont-ils été en mesure de donner leur avis sur ce choix à 1,53 milliard d’euros ?

Les agriculteurs s’interrogent des choix stratégiques pris par In Vivo. L’abandon de la fourniture de leur matière première à une société commerciale américaine opérant avec ses propres intérêts, ne risque-t-il pas de fragiliser un secteur de l’élevage dont la rentabilité est déjà très compromise ?

La CR attire une nouvelle fois l’attention sur les pratiques d’une coopération qui oublie ses fondements et ses objectifs.

Nos coopératives ne sont-elles pas en train de dériver avec des business plans aux objectifs flatteurs pour les CV de leurs dirigeants mais pour lesquels l’intérêt du coopérateur agriculteur de base reste secondaire. Et pourtant, qui assume le risque de ces stratégies internationales ?